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Caisse de décompensation


Belkouch Hicham - publié le Dimanche 3 Juin 2012 à 23:13 modifié le Dimanche 3 Juin 2012 - 23:12



Caisse de décompensation
La hausse du prix des carburants au Maroc a relancé le débat sur l’utilité de la caisse de compensation, son rôle et aussi son objectif. La politique des subventions remplie t’elle l’ensemble de ses fonctions ? À savoir stabiliser les prix, maintenir le pouvoir d’achat des consommateurs mais aussi, et principalement, réduire les inégalités sociales.

Ce n’est pas pour justifier ces dernières décisions, mais il est important de rappeler que le gouvernement actuel de Benkirane arrive à un moment particulièrement difficile sur le plan économique et social. Non seulement il hérite d’un exercice qui a enregistré le plus lourd déficit budgétaire depuis une dizaine d’années (7%), lui laissant par conséquent une très faible marge de manœuvre, mais en plus la crise internationale n’a pas fini de déployer ses effets sur l’économie marocaine et plus précisément la hausse du prix des produits pétroliers.

Depuis sa création en 1941, la caisse de compensation a toujours tenu une place importante dans le budget de l’Etat, passant de 8 milliards de Dirhams en 2004, à 52 milliards de Dirhams en 2011, soit une augmentation de 44 milliards de Dirhams en l’espace de 7 ans. En faisant des comparaisons avec les dépenses d’exploitation et d’investissement des ministères les plus budgétivores, le constat est encore plus effarant, c'est 90% de ce qu’alloue le Maroc au secteur de l’éducation nationale, plus d’une fois et demie ce qu’il consacre à la Défense nationale, près de trois fois ce qu’absorbe le ministère de l’intérieur et quatre fois ce que le secteur de la santé exige.

Aujourd’hui, l’Etat ne peut plus se permettre de faire sortir des milliards de dirhams pour payer l’enveloppe réservée à la caisse de compensation, de temps plus qu’elle ne remplie pas sa fonction la plus importante, à savoir venir en aide à la classe sociale la plus défavorisée.

La réforme de la politique des subventions n’est plus une option parmi d’autres, c’est une urgence !!

Pour bien expliquer le rôle de la caisse de compensation, il est important que cette dernière trouve un équilibre entre sa fonction économique et sociale:
Pour ce qui est du rôle économique, oui la caisse de compensation participe à la stabilité des prix de première nécessité en stabilisant le prix des produits subventionnés, à savoir la farine, le sucre, le gaz butane et le carburant. Mais la question qui se pose est : « Qui profite réellement des subventions ? »

En effet, 13% de la population qui représente la classe riche profite de 42% des subventions, tandis que la classe pauvre qui est de 34% ne bénéficie que de 7%. Par ailleurs, ce système de subventions profite aux entreprises qui détournent les produits subventionnés et plus précisément les produits pétroliers destinés à l’usage domestique vers un usage industriel.

Comme nous l’avons bien remarqué le plus gros problème de la caisse de compensation est sa défaillance au niveau de la politique de ciblage, sachant qu’il y a un déséquilibre énorme entre les bénéficiaires des subventions de la caisse de compensation. Pour cela l’Etat se trouve dans l’obligation de créer un programme de ciblage qui répondra aux demandes de la catégorie sociale la plus défavorisée.

Trop longtemps repoussée, la réforme de la Caisse de compensation est désormais inscrite à l'ordre du jour. Le système de compensation doit désormais, au-delà de la simple préservation du pouvoir d'achat, avoir pour ambition une double finalité : la réduction des inégalités sociales et l'éradication de la pauvreté. Cela fait 10 ans que les gouvernements se suivent et se ressemblent, tous ont parlé d'une réforme au niveau de la caisse de compensation mais aucun d'eux ne veut s'approprier cette responsabilité de peur de faire un mauvais pas quelque part et se perdre en chemin. Aujourd'hui, Boulif fait augmenter le Gasoil à 8,15 DH/litre au lieu de 7,15 DH/litre (hausse de 1 DH par litre), l'Essence à 12,18 DH/litre au lieu 10,18 DH/litre (hausse de 2 DH par litre), le Fioul industriel à 4666,04 DH/tonne au lieu de 3678 DH/tonne (hausse de 988,04 DH/tonne). A mon avis, cette hausse touchera en premier lieu la classe aisée, ainsi que les entreprises qui profitent et consomment la plus grande part des produits subventionnés et plus précisément les produits pétroliers. Mais cette hausse pourrait avoir un impact direct sur le pouvoir d'achat de la classe pauvre et moyenne, sachant que l'essence sert de matière de consommation intermédiaire pour beaucoup d'autres éléments de première nécessité.

Bref, avec une économie qui dépend directement de la pluie, du tourisme et de la demande européenne qui ont tous répondu absent à l’appel. Avec une hausse des prix des carburants qui risque d'augmenter le prix des produits de première nécessité et toucher directement le pouvoir d'achat des consommateurs qui ne verront pas leurs salaires augmenter contrairement aux taxes et impôts. Je pense que Benkirane est entrain de scier la branche sur laquelle il est assis.


Tagué : Belkouch Hicham

           


Commentaires

1.Posté par le marocain le 04/06/2012 08:54 | Alerter
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Suite à ces augmentations,le Chef du Gouvernement doit réduire le parc auto Maroc en limitant la circulation des véhicules "M" et "J" lesquels circulent 24/24 et 7/7.On les voit partout ces véhicules et qui paie le carburant M.Le Premier Ministre,et aussi M.Le Ministre de l'économie.Au moment où certains marocains,ne trouvent pas de lit dans les hôpitaux,de place dans les écoles,de quoi s'acheter des médicaments,de quoi et de quoi..............................................................................
Entre temps,un groupe de fonctionnaires toutes catégories confondues circulent jour et nuit en utilisant les véhicules de ce citoyen(car il les a payés de son argent)
Un peu de sagesse et mettez fin à ce gaspillage antinational.

2.Posté par Ness Elliot le 04/06/2012 11:24 | Alerter
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C'est une mesurette qui ne règlera pas le problème et qui aggravera les inégalités .
Il est temps de faire une vraie réforme de la fiscalité.
Benkirane a t'il le courage politique de s'attaquer à ce vrai problème.
L'impot sur les très grandes fortunes est déjà resté dans les oubliettes du PJD.