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Moulay Abdellah Belghiti - publié le Jeudi 31 Juillet à 14:54

Ça ne sert à rien de … manifester !




Ça ne sert à rien de manifester contre les exactions israéliennes. Les enfants et les femmes palestiniens qui chaque jour sont tués froidement comme des mouches n’en auront pas besoin.



Ça ne sert à rien de manifester contre les exactions israéliennes. Les enfants et les femmes palestiniens qui chaque jour sont tués froidement comme des mouches n’en auront pas besoin. Ceux qui attendent leur tour de crever sous les bombes des sionistes ne sauront que faire de nos marches, nos cris et nos larmes. Ils n’y a que les hommes qui peuvent les défendre ; leurs pères, leurs frères, leurs cousins, leurs voisins. Ceux-là aussi ne voudront point de nos sentiments ni de nos lamentations. Ils n’osent pas nous le dire publiquement. On leur a défendu de manquer de respect et de tact vis-à-vis de leurs « frères » les Arabes. Impuissants mais Intelligents, les hommes de la Palestine souhaiteraient nous dire « merci » de ne rien faire, de ne rien dire, de ne rien expliquer, de ne rien regretter.
Ça ne sert à rien de manifester pour la Palestine. Car, à défaut de soutenir les Palestiniens par les armes et l’argent, comme les sionistes sont soutenus politiquement, militairement, socialement, économiquement, scientifiquement, … par leurs alliés, les « frères » des Palestiniens, les gouvernements comme les médias, choisissent eux, la fuite en avant pour cacher leur impuissance. Ils essaient d’apaiser les esprits des peuples révoltés en expliquant et justifiant les agressions israéliennes par les « erreurs » et les différends inter palestiniens.
Le soir du 14 juillet dernier au soir, lors d’un sit-in organisé devant le parlement à Rabat, un manifestant amazigh a d’abord réfuté le fait qu’une marque de dattes vendue au Maroc soit importée d’Israël. Il a fait savoir que les fruits venaient d’un patelin situé aux environs de Goulmima, dans la région d’Errachidia. Ensuite il a longuement parlé des vrais amazighs, ceux qui ont combattu les Espagnols et les Français. Enfin il a distingué entre les bons et les mauvais Palestiniens en faisant allusion respectivement à Hamas et FATEH. Or le vice-ambassadeur de la Palestine au Maroc, qui était présent à la manifestation, n’a pas du tout apprécié cette allusion. Il a agressivement corrigé la déclaration, la qualifiant de propos blessants, allant jusqu’à menacer de se retirer de la manif, avant de se calmer pour dire doucement son allocution, bienséance oblige.
Ça ne sert donc à rien de manifester pour la Palestine. « Parler correctement ou se taire » nous apprennent les sages. Il ne faut surtout pas mélanger Chaabane et Ramadan. Sortir pour soutenir la Palestine est une cause, défendre l’amazighité des dattes de Goulmima en est une autre. On aurait aimé savoir qui a vendu ces dettes aux deux israéliens qui à leur tour les ont revendus aux Marocains. Longtemps nos partis et nos syndicats ont appréhendé la question palestinienne pour revendiquer des droits politiques et sociaux pour les non-palestiniens. Ce qui s’est passé ce soir à Rabat est la preuve que ces pratiques ne sont pas oubliées pour autant.

Dans un journal marocain, un chroniqueur s’est moqué des prières des 100 milles fidèles de la Mosquée Hassan II à Casablanca, les qualifiant d’inutiles. Il s’est demandé pourquoi tout ce monde n’était pas présent à la marche organisée dimanche derniers à Rabat. Comme il fallait à ce monsieur qu’il écrive son billet à tout prix, pour des raisons que lui seul sait, il passa à côté de la bonne analyse. Le monsieur a oublié que les prières des TARAWIH se font le soir de chaque jour du mois sacré, alors que la marche pour GAZA a eu lieu un matin du dimanche. Il s'est moqué des prières de 100 milles fidèles présents dans la mosquée de CASA alors que des dizaines de millions d'autres croyants le font jour et nuit, chacun à sa manière pour que le génocide cesse à GAZA. Car les fidèles d'ALLAH n’ont que lui pour implorer à leur venir en aide. Qu’ont changé toutes les marches faites depuis qu’on nous a inculqué cette façon de revendiquer nos droits politiques, sociaux, …? Enfin, ne parlons pas des chiffres. Le nombre des marcheurs était bien plus important que celui avancé par le journaliste dans son billet. Il n’y a pas lieu de rigoler. L'auteur du billet d'humour a fini par envoyer une insulte impardonnable au Marocains.
Un autre journaliste a écrit un article où il a essayé de réconcilier ceux qui prônent la paix entre les israéliens et les Palestiniens et ceux qui revendique le droit à la riposte. En oubliant que l’Etat sioniste a toujours refusé la paix, a toujours transgressé les accords, a toujours menti et plaidé innocent, a toujours tué, d’une façon sauvage et disproportionnée, ce journalistes - et tous les artistes et diplomates qui pensent comme lui - se trompent volontiers en croyant qu’Israël puisse un jour être un pays avec qui on peut négocier une paix durable. Ainsi, les voix et les plumes qui prônent la paix nuisent à la cause palestinienne, plus qu’ils ne la servent. Pire encore, ce type de discours divisent la nation et affaiblissent sa position. En Israël il n’y a pas un seul journal, un seul intellectuel, un seul dirigeant qui parle de PAIX. Tous les gouvernements israéliens sont des voleurs et des sanguinaires. Un seul intérêt les motive, la suprématie militaire et économique. Et les médias dans ce pays – car l’Etat israélien doit régner en maître absolu dans la région - ne ménagent aucun effort, ne ratent aucune occasion, pour faire taire les voix de la raison, quelles qu’elles soient et où qu’elles soient.
Les médias arabes en revanche se perdent. Malheureusement. Ils doivent unir la nation et non la disloquer. Leur travail est de dire la vérité, qu’elle quelle soit, et de se positionner du côté des peuples. Il n’y a que deux positions possibles à prendre dans ce conflit ; la cause palestinienne ou celle de l’ennemi. Les médias qui prônent la paix sèment le doute et blessent l’amour propre de beaucoup de Marocains. Beaucoup de journalistes francophones doivent s’estimer heureux et chanceux de n’être pas lu par tous les Marocains. Déjà au Maroc, le nombre des lecteurs de journaux est très faible et le peu de lectures qui se font dans notre pays concernent les deux langues nationales. Si tous les Marocains, Maghrébins savaient lire et écrire en français ils auraient su dénoncer ce qu’ils qualifieraient de trahison de la part des médias.

Qu’en est-il alors des responsables politiques? En ce qui concerne les gouvernements, le problème est encore plus grave. Impuissants, ils tentent de cacher le soleil avec la passoire. Ils prônent le réalisme et préfèrent jouer la carte des intérêts suprêmes. Comme si défendre un pays frère occupé, anéanti, appauvri, souffrant, malade, manquant de tout, et agressé systématiquement, ne relève pas des intérêts suprêmes de la Nation. D’ailleurs ce n’est que dans ce type de conflits que nos dirigeants commencent à penser « intérêts ». Embarrassés face aux gouvernés, les gouverneurs fuient an avant. Ils proposent des aides aux victimes et font des déclarations mesquines. Même si parfois on les trouve en première ligne, derrière des banderoles où sont écrits des slogans assez brulants. Cependant, aucun chef de parti politique présent à Rabat le dimanche 20 juillet dernier n’a terminé la marche. Tous étaient repartis avant d’arriver à hauteur du Parlement. On dirait qu’ils étaient venus pour prendre une photo.

Ça ne sert donc à rien de manifester. Nos marches, nos pleurs, nos cris, nos appels, nos soutiens de principe, nos sacs de farine, nos couvertures, nos médicaments, ne suffisent et n’arrêteront pas les souffrances des Palestiniens. C’est Israël qui décidera d’arrêter son agression, non sous pression ni par peur de quiconque mais par conviction que depuis 60 ans, elle tue les enfants, les femmes, les vieux, les malades, les handicapés, et les Palestiniens sont toujours là. Qui peut mieux faire ? L’agression contre les innocents prendra donc fin - le TSAHEL lui-même en sera fatigué - et le monde entier oubliera vite qu’il eut des morts, des blessés, des disparus, des maisons détruites, des arbres déracinés, une infrastructure anéantie, une nation humiliée, sans pour autant avoir l’assurance que cela ne se reproduira pas un autre jour.
La responsabilité des nos gouvernements est grande. Ils ne doivent pas trop compter sur les Nations Unies, ni sur les grandes puissances, ni sur les amis, ni sur les ennemis. Ils doivent compter sur leurs propres moyens. Les alternatives ne manquent pas. Il faut juste choisir son camp.

Moulay Abdellah BELGHITI
Membre fondateur de OUPRAM
Observatoire Universitaire des Métiers et Pratiques des Médias
FLSH , Agadir




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