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MAP - Karim Naji - publié le Lundi 7 Juillet à 15:00

Brésil/Monde arabe: opération de séduction tous azimuts



Sao Paulo - Le Brésil et le Monde arabe, de par l'héritage socio-historique commun, entretiennent des rapports étroits dans différents domaines, économique et politique, entre autres, depuis de longues années.



Ce pays d'Amérique latine a accueilli sur ses terres depuis le 19ème siècle les Arabes de différents pays, des commerçants pour la plupart d'entre eux, qui ont choisi cette destination pour y faire leur vie. Leur nombre, qui se comptait par dizaine au début, s'élève désormais à près de 12 millions.

Au début du 20ème siècle, plusieurs nouveaux immigrés d'origine arabe ont atterri au Brésil, venus particulièrement du Liban, de la Syrie et du Moyen-Orient dans l'espoir d'améliorer leurs conditions de vie.

Les guerres et les problèmes socio-économiques ont été, en grande partie, à l'origine de ces flux migratoires à destination de ce géant latino-américain.

Le directeur des affaires islamiques à la Fédération des associations islamiques au Brésil (FAMBRAS), Cheikh Essadek el Otmani, a indiqué, dans une déclaration à la MAP, que les Arabes ont travaillé au début de leur arrivée en tant que marchands ambulants dans les rues et les marchés populaires et employés dans les usines et les plantations agricoles.

Par la suite, ils sont parvenus, grâce à leur forte détermination, à devenir propriétaires d'importants locaux de commerce et de grandes entreprises, en contribuant largement au développement économique de leur pays d'accueil, a-t-il ajouté.

Les activités des Arabes ne se limitaient pas uniquement au commerce, mais s'étendaient à plusieurs autres domaines dont la médecine, l'ingénierie, l'administration et l'enseignement supérieur.

Le choix de certains d'entre eux a également porté sur la politique en accédant aux hautes fonctions de responsabilité, dont celle de vice-président, occupé actuellement par un libanais, Michel Tamer, ou encore celle de maire, comme c'est le cas de Fernando Haddad, maire de Sao Paulo, également d'origine libanaise.

De son côté, Dr Salem Hikmat Nasser, professeur à l'école de droit à la Fondation "Getulio Vargas", un brésilien d'origine arabe, a estimé que les relations entre le Brésil et les pays arabes sont historiques et distinguées et ont connu une grande évolution économique et commerciale durant les dernières années.

Il a également fait part de l'existence d'une forte volonté des deux parties de hisser ces relations à un niveau supérieur, faisant savoir que le Brésil a exprimé son grand soutien à plusieurs causes arabes, dont la question palestinienne.

Les relations arabo-brésiliennes ont connu un saut qualitatif, particulièrement depuis la présidence de Lula da Silva, qui disait sentir circuler dans ses veines du sang arabe. A travers les multiples visites officielles effectuées dans plusieurs pays arabes, il voulait se rapprocher davantage de cette partie du monde et consolider encore plus les relations historiques et culturelles bilatérales.

Cette politique a été également suivie par sa successeur Dilma Rousseff qui a confié cette mission à son vice-président Michel Tamer pour le renforcement des relations entre le Brésil et le Monde arabe, dans différents domaines.

Cependant, a observé l'expert en relations internationales, les spécificités de chaque pays arabe ne permettent pas au Brésil de traiter avec le Monde arabe en tant qu'un seul bloc, outre l'existence au Brésil de plusieurs représentants de la communauté arabe qui n'ont pas toujours des positions unifiées sur les différentes questions arabes.

Concernant les relations économiques entre le pays latino-américain et le Monde arabe, le Secrétaire général de la Chambre de commerce arabo- brésilienne, Michel Halaby, a noté que l'éloignement géographique ne constitue plus un handicap face aux échanges commerciaux appuyés par l'existence de plusieurs moyens de transport reliant les deux bouts.

Les pays arabes représentent, par ailleurs, un marché prometteur pour les entreprises brésiliennes et une destination importante de leurs exportations, a-t-il ajouté.

Selon des statistiques officielles, les échanges commerciaux entre le Brésil et le Monde arabe se sont élevés à quelque 26 milliards de dollars en 2012, dont près de 15 milliards d'exportations brésiliennes vers des pays arabes et 11 milliards dollars d'importations.

La communauté arabe au Brésil a contribué tout au long de 130 années d'existence dans ce pays d'Amérique latine à la croissance et au développement du pays.

Ainsi, en hommage aux Arabes établis au Brésil ayant fait de la rue "25 mars" le plus grand centre commercial en Amérique latine et l'un des importants sites touristiques de la ville, cette date (25 mars) a été instituée par le Congrès du pays "Journée nationale de la communauté arabe", en vertu d'une loi proposée par un sénateur d'origine syro-libanaise, Romeu Tuma, et décrétée en août 2008, en reconnaissance de l'importante contribution des Arabes au développement du pays.

L'institution de cette journée est un témoignage solennel aux hommes et aux femmes d'origine arabe ayant foulé le sol brésilien il y a 130 ans, à la recherche du travail et dans l'objectif de faire fortune et retourner rapidement dans leurs pays respectifs.

Néanmoins, fascinée par le charme du pays de la samba et par l'hospitalité de son peuple, la grande partie des immigrés a préféré s'y installer définitivement et y passer le restant de ses jours.

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