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MAP - Said Youssi - publié le Lundi 13 Janvier à 18:16

Boycott d'Israël par des entreprises néerlandaises: l'Etat hébreu perdra-t-il un allié de poids en Europe à cause des colonies?




Amsterdam - La dernière vague de boycotts d'Israël par des entreprises néerlandaises, un sérieux revers pour la politique de colonisation israélienne dans les Territoires occupés, a affecté les relations israélo- néerlandaises, en suscitant la crainte chez les Israéliens de perdre l'un de leurs alliés majeurs en Europe.



En effet, la suspension de la plus grande société de gestion de fonds de pension aux Pays-Bas (PGGM) de ses investissements dans des cinq banques israéliennes, dernière en date d'une série de mesures similaires dans le royaume batave, a eu l'effet d'une bombe à Tel-Aviv, d'autant plus que la décision pourrait ouvrir la porte à d'autres actions dans le vieux Continent.

Le gouvernement israélien, qui a convoqué l'ambassadeur néerlandais à Tel-Aviv, s'est précipité pour demander au gouvernement Rutte de s'opposer à la décision du Fonds de pension néerlandais, qu'il a qualifié de mesure "inacceptable" susceptible de "nuire aux relations entre Israël et les Pays-Bas".

La suspension des investissements du fonds néerlandais en Israël serait due, selon les dirigeants du Fonds, à l'implication des institutions bancaires israéliennes dans le financement de la construction de colonies dans les Territoires occupés, où elles disposent de succursales.

La décision est motivée par l'avis consultatif émis par la Cour internationale de justice de La Haye en 2004, qui considère toutes les colonies dans les Territoires occupés comme "illégales et contraires à l'article 49 de la quatrième Convention de Genève", a précisé le PGGM.

La réaction du gouvernement néerlandais n'a pas tardé. Le boycott relève de la politique du PGGM et n'avait "rien à voir avec le gouvernement néerlandais", a affirmé le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte.

"Nous sommes contre les colonies. Les sociétés (néerlandaises) sont libres de faire des affaires dans les colonies, mais nous ne soutenons pas cela", a renchéri Rutte.

Son chef de la diplomatie, Frans Timmermans, qui avait annoncé la couleur après sa prise de fonction fin 2012, en critiquant la politique de colonisation d'Israël, n'est pas allé par quatre chemins: "Les Pays-Bas sont cohérents dans leur opposition aux colonies et ce gouvernement déconseille les affaires qui facilitent" leur construction.

"Il s'agit de la politique (des Pays-Bas) depuis des années", a dit Timmermans.

Le géant des fonds de pension néerlandais, également leader mondial en la matière, avait informé Bank Hapoalim, Banque Mizrahi-Tefahot, First International Bank of Israël, Bank Leumi et Discount Bank que leurs activités ne sont en pas en conformité avec le Droit international.

Il s'agit de la quatrième action depuis l'été dernier aux Pays-Bas qui abonde dans le sens du rejet de la politique de colonisation israélienne.

Pour sa part, l'entreprise néerlandaise spécialisée dans l'eau potable "Vitens" a décidé, en décembre dernier, de suspendre sa collaboration avec la société israélienne de distribution de l'eau dans l'Etat hébreu, qu'elle a accusée de discrimination vis-à-vis des Palestiniens dans l'accès à l'eau.

"Nous en sommes arrivés à la conclusion qu'il était extrêmement difficile de travailler ensemble sur de futurs projets, car ils ne peuvent être perçus séparément du contexte politique", a souligné Vitens.

La décision de Vitens est intervenue quelques jours seulement après un différend qui s'est produit entre les deux pays à l'occasion d'une visite du Premier ministre néerlandais et de son chef de la diplomatie en Israël et en Palestine au sujet d'un scanner, un don hollandais aux Palestiniens.

Quelque semaines plus tôt, Royal Haskoning, une société néerlandaise indépendante de conseil en ingénierie, s'est retiré d'un projet visant à réaliser une centrale de traitement des eaux usées à Al Qods occupée, après que le ministère néerlandais des Affaires étrangères l'ait jugé "incompatible avec le Droit international".

Par ailleurs, de grandes chaînes de supermarchés aux Pays-Bas ont décidé de ne pas mettre en vente des produits en provenance des colonies israéliennes. La décision, qui concerne essentiellement des produits agricoles, avait suscité l'ire du ministère israélien des Affaires étrangères, qui a qualifié la mesure d'"absurde".

Boycotter les sociétés israéliennes opérant dans les colonies semble devenir un véritable mode d'action à succès, à travers le monde, pour exercer plus de pression sur Israël afin de mettre fin à sa politique de colonisation.

L'American Studies Association (ASA), qui regroupe 5.000 professeurs et chercheurs américains, avait voté en faveur du boycott universitaire d'Israël. de son côté, la plus grande Eglise protestante du Canada a suspendu ses relations avec trois entreprises israéliennes sans oublier la décision de la Roumanie d'arrêter l'envoi de davantage d'ouvriers de bâtiment dans les colonies.

L'Union européenne (UE) avait adopté des "lignes directrices", excluant de sa coopération les institutions et entreprises israéliennes ayant des activités dans les territoires occupés.



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