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Jamal Mesbah - publié le Samedi 17 Mai à 10:33

"Bent l’karyane" ou le rêve avorté






« Rien n’est aussi grand qu’un mal profond (…) une chute ne signifie pas la fin ; seules les gouttes de pluie ont la plus merveilleuse des chutes ». Myriam Hassek

La presse nationale a rapportée cette semaine une nouvelle choquante ; il s’agit du suicide d’une jeune fille de 15 ans à Casablanca ; une tragédie pour sa famille ; son entourage ; et même pour ses camarades de classe qui la traitait de fille des bidonvilles ( bent l’karyane ) ; elle en a ras-le bol de ces insultes répétitives qui touchent à sa dignité ; et approfondirent ses blessures; Dieu seul sait combien elle a souffert à cause de sa situation sociale précaire ; elle rêvait – tant que le rêve est permis - d’un avenir meilleur loin de la baraque où elle naquit et grandit dans la misère et la privation totale ; avec des parents indigents qui n’arrivaient pas à subvenir au minimum de ses besoins dans une conjoncture économique défavorable .

Elle allait à l’école nourrie d’espoir de réussir dans ses études – qu’elle aimait beaucoup – pour sortir sa famille de la pauvreté ; d’avoir un habitat décent et plus tard se marier et avoir des enfants auxquels elle assurera des conditions de vie non conformes a celles qu’elle a vécues et endurées durant son enfance dans un bidonville du quartier el Fida ; sans eau ; sans électricité ; et sans réseau d’assainissement ; la toiture en tôle leur faisait gouter les affres des aléas climatiques ; en été c’est l’enfer et en hiver dès les premières gouttes de pluie la baraque se transformait en piscine couverte ; la famille entassée dans une petite cellule comme des sardines ; aucune intimité n’est respectée ; les voisins entendaient tout ce qui se disait et pouvaient raconter dans les détails la vie quotidienne de ces habitants ; leurs querelles et même les rapports conjugaux ; c’est ainsi que Meryem a vécu son calvaire durant 15 ans qu’elle a supportée comme une fatalité ; mais elle aspirait à ce qu’un jour cela ne serait qu’un mauvais souvenir ou un cauchemar éphémère ; son père parlait d’un programme de résorption des bidonvilles et qu’ il pouvait bénéficier d’un logement ou d’ une parcelle de terrain ; le recensement a eu lieu depuis quelques années ; mais la concrétisation du projet tarde à venir ; les connaisseurs en la matière expriment leur suspicion vu que l’attentisme n’a que trop durée et les villes sans bidonvilles relevaient – selon eux - de l’utopie platonique .

Les promesses se multiplient par qui de droit ; l’optimisme peut –il triomphé ? Chose promise chose due.

En attendant Godo ; Meryem sous la pression des contraintes diverses et les insultes proféraient à son encontre par ses condisciples a préférée mettre fin à ses jours laissant derrière elle une lettre signifiante et une famille en deuil traumatisée par ce triste et douloureux drame qui s’ajoute à son supplice ; les larmes aux yeux et le cœur brisé tel est son destin.

Adieu Meryem tu nous as quittés a l’âge de l’adolescence ; nos condoléances le plus attristées à tes parents et tes proches ; Dieu les récompensera et les consolera



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