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Karim El Maghribi - publié le Lundi 6 Août à 13:15

Benkirane piégé par la chaîne Aljazeera




Malgré toutes les précautions prises par ses conseillers en communication notamment en ce qui est des sujets à aborder et ceux à éviter, Abdelilah Benkirane s’est fait avoir comme un bleu par la chaîne Aljazeera qui a diffusé en deux parties une interview avec lui, dont la dernière a été servie au public, avant-hier, mercredi 1er août , à environ une heure de l’heure de la rupture du jeûne à Rabat.



Benkirane piégé par la chaîne Aljazeera
Sachant que le chef du gouvernement peut être de caractère impulsif quand une question ne lui plaît pas, les stratèges de la télévision qatarie et l’animateur star de l’émission Bila Houdoud (Sans Frontières), l’aussi fringuant que sémillant Ahmed Mansour, ont dû prévoir pour éviter que l’entretien se transforme en monologue à l’avantage du chef du PJD une astuce pour faire dire à l’invité ce qu’il n’a pas dit ou ce qu’il n’aurait jamais voulu dire. Plan machiavélique qui a bien marché si bien que la ligne éditoriale de Sans Frontières, à savoir faire tourner en bourrique l’invité en lui tirant les vers du nez, en a été rigoureusement respectée. Mieux : le « frérot » égyptien qui connaît le Maroc aussi bien qu’un ancien humoriste marocain (en détresse) lui sert de stringer a eu  même droit à la fin de la partie du moins à un soft conduit sinon à un certificat  d’excellence délivré (bienveillance de Mustapha El Khalfi* aidant) sur le vif à la chaîne par l’heureux invité qui , ô malheur, a cru qu’il a été formidable (allusion faite à la première partie du mercredi d’avant).

 Maintenant que le décor est planté, le lecteur se demande  sûrement comment Benkirane s’est fait roulé dans la farine par l’officine de Doha. C’est simple. Le truc consiste en deux étapes. Primo : on s’arrange pour que l’invité fasse une grande déclaration, par exemple, que ses rapports avec le Roi ne sont pas toujours cordiaux (al 3alaqat laïssat sam’n 3la 3assal) ; et deuxio soustraire cette phrase, sensible et sujette à toutes les interprétations malveillantes, de son contexte chronologique en diffusant l’interview quelques semaines plus tard (celle-ci a été probablement enregistrée au courant de juin). Résultat : il est terrible. Du moins dans la tête du téléspectateur moyen qui au lieu de se dire qu’il est parfaitement normal que les relations entre le Roi et son Premier ministre soient un peu agitées durant les premiers jours  de la nomination du gouvernement (période caractérisée par des tractations et des ajustements de part et d’autres et que Benkirane évoquait certainement) dirait plutôt qu’il est curieux que ses rapports soient encore tendues plus de 200 jours après l’installation de « l’équipe Benkirane » et surtout au lendemain de la Fête du Trône.  Voilà une prestation télévisée qui au lieu de redorer le blason du Maroc le ternit. Merci à qui?

 
(*) Le ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi, est un protégé de Benkirane et un  grand admirateur de Al Jazeera TV, because…



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