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MAP - publié le Mercredi 27 Mai à 09:21

Benkirane : La situation actuelle des finances publiques ne permet pas de mesures qui pèsent sur le budget de l'Etat



Rabat - La situation actuelle des finances publiques ne permet pas l'adoption de mesures dont les répercussions financières risquent de peser sur le budget de l'Etat, a affirmé mardi le chef du gouvernement, M. Abdelilah Benkirane. Répondant à une question des groupes de l'opposition sur "le dysfonctionnement du dialogue sociale " lors d'une séance plénière au parlement consacrée à la poursuite de la séance mensuelle sur la politique générale, M. Benkirane a souligné que les revendications de la plupart des centrales syndicales "ne sont pas adaptées à la conjoncture économique" du Maroc.



Après avoir relevé que le Royaume a traversé une conjoncture économique difficile marquée par la hausse du déficit budgétaire, de l'endettement et du déficit de la balance commerciale outre la baisse des réserves en devises, M. Benkirane a indiqué que le gouvernement a déployé des efforts colossaux pour redresser la situation, le déficit ayant passé de 7 pc du PIB en 2012 à 4,9 pc l'année dernière.

Toutefois, a fait remarquer le chef du gouvernement, les contraintes financières sont toujours d'actualité notamment celles liées au volume de la dette et à l'augmentation de la taille de la masse salariale pour la fonction publique, soulignant la nécessité que le Maroc poursuit la rationalisation des dépenses publiques, l'amélioration de la compétitivité et le maintien des équilibres financiers tout en accordant un intérêt particulier aux catégories vulnérables .

Les organisations syndicales, a-t-il regretté, revendiquent dans une conjoncture pareille des mesures telle que la hausse de 25 pc des salaires des fonctionnaires et des salariés, ce qui implique 27 milliards DH par an pour les fonctionnaires (3 pc du PIB) et la révision de l'impôt général sur le revenu qui nécessite 5 milliard DH et le relèvement du seuil minimal de retraite de 600 dirhams/mois (près de 4,2 milliards DH supplémentaires par an).

Après avoir rappelé que la masse salariale a atteint des niveaux très élevés comparés aux recettes limitées, le chef du gouvernement a indiqué que son gouvernement reste, malgré cette conjoncture qui ne permet pas de satisfaire toute les revendications, disposé à examiner toutes les propositions et donner suite à celles qui n'affecteront pas les équilibres et qui focalisent sur les catégories vulnérables.

M. Benkirane, qui a tenu à souligner l'importance du dialogue sociale en tant qu'outil de développement de la coopération entre le gouvernement et ses partenaires et de l'instauration de la paix sociale, a relevé que l'exécutif a veillé depuis son installation à la mise en place des mécanismes de ce dialogue à travers une série de mesures ayant permis la consolidation de la paix sociale malgré le coût excessif payé par le gouvernement dans une conjoncture économique difficile.

Le dialogue social entre le gouvernement et les syndicats n'a jamais été rompu malgré la divergence des points de vue entre les parties, a assuré le chef du gouvernement, ajoutant que ce dernier a été le premier à lancer les pourparlers le 14 mars 2012, quelques semaines à peine après son installation, avant de s'engager dans une série de réunions des commissions des secteurs public et privé.

Et de rappeler qu'au cours de la deuxième semaine de septembre 2012, des réunions bilatérales entre gouvernement et centrales syndicales ont été sanctionnées par la création du haut comité de concertation et de la commission nationale pour le dialogue social outre une cellule auprès du chef du gouvernement chargée de régler les différends épineux.

M. Benkirane, qui a mis l'accent sur certaines actions et initiatives prises dans le cadre du dialogue social dans les années 2013, 2014 et 2015, a saisi l'occasion pour exposer les réalisations de son gouvernement dans le domaine social.

Il a cité notamment la mobilisation, au terme des lois des finances des dernières années, d'une enveloppe supplémentaire de 13,2 milliards DH pour augmenter les salaires des fonctionnaires et des salariés des établissements publics, la prise de mesures relatives à l'amélioration des conditions de travail et la protection sociale pour les salariés du privé et la hausse de la pension minimale de retraite pour le secteur privé.

Il a été procédé également, selon le chef du gouvernement, à la présentation pour approbation d'une série de projets de loi dont les projets de loi sur les accidents de travail, sur les conditions de travail des employés domestiques, sur la santé et la sécurité professionnelle dans les secteurs privé et public outre celui définissant la relation employeurs/employés et les conditions de travail dans les secteurs à caractère traditionnel.

Le chef du gouvernement a fait état également de la hausse de10 pc du salaire minimum pour le secteur privé répartie sur deux ans (2014-2015) et pour la fonction publique à 3000 DH/mois au profit de 53 mille bénéficiaires outre la mise en œuvre du projet relatif à l'indemnisation sur la perte d'emploi pour un coût global de 500 millions DH.

Selon lui, la masse salariale dans la fonction publique a augmenté de manière remarquable ces dernières années pour atteindre 105,5 milliards DH en 2015 contre 66,7 milliards DH en 2007, représentant actuellement 11 pc du PIB, 54 pc du budget de fonctionnement et 57 pc des recettes fiscales.

Au cours de cette séance, l'opposition a noté que le dialogue social n'a pas donné de fruits depuis quatre ans, estimant que la classe ouvrière vit une situation désastreuse d'autant plus que l'amélioration des indices économiques et agricoles n'a pas eu d'effets positifs sur leurs conditions sociales.

L'opposition considère que le gouvernement est absorbé par une réforme partielle et unilatérale des régimes de retraite au lieu de s'engager dans une révision globale, prenant en considération les revendications des travailleurs, appelant à améliorer la situation sociale de l'ensemble des fonctionnaires et des salariés à travers notamment la hausse des salaires et la baisse des impôts, le respect des libertés syndicales et l'institutionnalisation du dialogue social.

Elle a relevé que le boycott du 1er mai par les centrales syndicales constitue "une première " et interpelle le gouvernement pour l'instauration d'un dialogue sérieux avec les syndicats et la satisfaction de leurs revendications visant l'amélioration des conditions sociales de la classe ouvrière.

Les groupes de la majorité ont salué, quant à eux, les efforts du gouvernement dans le domaine social, l'amélioration du climat des affaires et des entreprises et la protection des droits de ces dernières face aux administrations publiques, ajoutant que plusieurs dossiers revendicatifs ont été réglés grâce au gouvernement actuel.

Ils ont déploré "l'exploitation politique " de l'action syndicale qui demeure, selon eux, une responsabilité commune pour trouver des solutions aux grandes problématiques existantes, louant le courage du gouvernement dans le traitement des dossiers des caisses de retraite et appelant à la promulgation de la loi organique sur la grève et celui relatif aux syndicats.

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