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Wafaa Taha Latik - Lemag - publié le Mardi 25 Mars à 19:39

Belgique: Accusée d'avoir "parlé en arabe et prié pendant le travail", une marocaine se trouve sans emploi




Belgique : "Au bout de quatorze ans, j’ai été licenciée" les mots de Habiba, 56 ans, une marocaine résidant en Belgique qui vient d'être licenciée du CPAS de Saint-Josse pour "avoir parlé en arabe et prié pendant le service".



« J’ai travaillé pendant quatorze ans… Je suis, enfin j’étais, chef de service, je dirigeais les techniciennes de surface du home et je nettoyais bien évidemment moi aussi. Au bout de quatorze ans, j’ai été licenciée, une «démission d’office» comme ils disent. On me reproche d’avoir prié au travail, d’avoir interdit aux pensionnaires de boire de l’alcool, d’avoir insulté mes collègues, d’avoir parlé arabe avec certains pensionnaires et collègues. Tout cela est complètement faux ! Aujourd’hui, je n’ai plus rien. Plus de travail, plus de salaire, plus rien. J’ai 56 ans, comment voulez-vous que je retrouve du travail à mon âge ? Je ne comprends pas ce qu’il m’arrive. » s'indigne Habiba Zerouani, maman de deux enfants, une fille 21 ans et un fils de 22 ans; rapportée par Le Soir.

« Regardez-moi, je suis musulmane oui, c’est vrai ! Mais je m’habille comme vous, je ne porte pas de foulard. Ma religion, je la vis en privé, pas sur le lieu de mon travail. Je n’ai jamais prié dans le home, d’ailleurs il n’y avait même pas de local approprié à la prière. Vous savez, la prière ne se fait pas comme cela, n’importe où ou n’importe quand, et pas devant n’importe qui. Il faut avoir les bras, les jambes et les cheveux couverts. En tant que femme, je ne peux pas prier devant un homme. Et puis, il faut un tapis de prière. Jamais, je n’ai prié sur les lieux de mon travail », insiste Habiba.

Habiba pointe du doigt certains de ses collègues qui n'acceptaient pas, selon ses propos, son sérieux dans le travail. « En tant que chef de service, je faisais mon travail. Je disais ce qui allait mais également ce qui n’allait pas. Je pense que certains collègues, ceux qui ont déposé plainte contre moi, n’ont pas accepté cela », affirme-t-elle.

« On me reproche aussi d’avoir parlé arabe avec certains collègues ou résidents du home. Bien sûr que c’est vrai ! Mais est-ce que c’est choquant ? Certaines nettoyeuses ne parlent quasiment pas le français, comment voulez-vous que je m’exprime et que je me fasse comprendre ? Quant aux résidents, certains viennent du Maroc, ils sont tout simplement contents de pouvoir parler dans leur langue. Je ne vois vraiment pas où est le mal. » explique Habiba qui est toujours fière de partager sa culture et ses traditions marocaines.

Habiba n'arrive toujours pas à comprendre la décision qui l'a ciblée. "Ce que je ne comprends pas c’est la décision si radicale. Mettre fin à mon contrat. Pourquoi, si on estime que j’ai commis des erreurs, ne pas m’avoir donné un blâme, une sanction, ou même me déplacer dans un autre service ? Là, je n’ai plus rien." s'indigne-t-elle.

Habiba a décidé de prendre un avocat et d’attaquer sa hiérarchie au pénal. « Une double plainte a été déposée. Et d’autre part, l’affaire a été mise dans les mains d’un de mes collègues spécialisé dans le droit du travail », précise maître Olivier Martins, rapporté par la même source.

Photo crédit: д§mд



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