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MAP - publié le Mercredi 29 Octobre à 08:47

Azoulay : l'avenir du partenariat euro-Méditerranéen est tributaire de la promotion des valeurs du dialogue interculturel



Naples - L'avenir du partenariat euro-Méditerranéen est tributaire de la promotion des valeurs du dialogue interculturel, de dignité et de liberté dans la région méditerranéenne, a affirmé, mardi à Naples, M. André Azoulay, conseiller de SM le Roi et Président de la Fondation Anna Lindh (FAL).



André Azoulay
André Azoulay
Lors d'un débat organisé au siège de la Fondation Méditerranée, sous le signe "une autre Méditerranée est-elle possible ?", M. Azoulay a souligné que la Fondation, qui célèbre son 10è anniversaire, s'est attachée à promouvoir un espace euro-méditerranéen où les sociétés civiles ont leur place, leur voix et leur rôle pour donner légitimité et crédibilité à la communauté de destin qui, un jour, finira par s'imposer des deux côtés de la méditerranée.

Forte d'un réseau de 4000 Ongs, la Fondation a réussi à faire participer à ses différentes activités près de 500.000 personnes, toutes générations et toutes origines confondues "pour faire du dialogue culturel un espace de coexistence, loin de tout racisme, stigmatisation et exclusion", a-t-il dit.

La Fondation s'est également attachée à développer un discours et une stratégie sans tabou et sans frilosité pour donner tout son sens à un engagement citoyen fondé sur les valeurs de la justice, de l'équité et de la liberté, a-t-il poursuivi, appelant à opter pour une pédagogie à même de résister aux amalgames et à la stigmatisation, et à lutter contre toute attitude nourrissant les peurs et les exclusions, ce qui ne fait que creuser chaque jour, un peu plus, la fracture sociale, culturelle et politique entre les sociétés.

"Nous avons changé beaucoup de choses et nous avons montré qu'il est toujours possible de les changer. Nous avons offert à la Méditerranée des points de repères et des orientations sur la possibilité de vivre ensemble et libres, et d'exprimer ses propres opinions quoique différentes", a-t-il ajouté, estimant qu'on "ne peut pas travailler ensemble si on n'a pas la conscience de la diversité. Il y a une identité là où chacun est conscient de sa propre personnalité, de sa propre histoire, de sa propre spiritualité et de sa propre différence".

M. Azoulay, qui a donné un aperçu des principaux défis auxquels est confrontée la région méditerranéenne notamment sur le plan sécuritaire, ainsi que les conflits qui agitent la rive sud de Méditerranée, a fait observer qu'il y a "des moments de régression, mais il y a, en même temps, des forces dynamiques représentées par la société civile dont les attentes pour l'avenir se résument en un besoin de dignité, de liberté, et de vivre ensemble dans cette région".

Par ailleurs, commentant l'intervention d'une jeune active au sein d'une Ong palestinienne, qui a perdu la quasi-totalité de sa famille pendant la dernière guerre de Gaza, M. Azoulay a tenu à saluer "son courage" et "sa dignité" d'autant plus qu'"elle avait exprimé avec pertinence le drame de tout un peuple". "Je crois que le monde occidental et nous tous prenions la juste dimension et sachions que ce type de personnalité, courageuse, digne et déterminée, existe. Elle est juste devant nous et elle a à peine 20 ans, mais elle a connu les pires drames de sa vie", a-t-il poursuivi.

"Tout a été détruit, sa famille et ses rêves. Elle n'a plus rien. Elle s'est exprimée avec courage et elle n'a pas changé ses convictions. Elle se bat pour la liberté et le droit à la dignité. Cette voix de la liberté et de la dignité vient de l'Islam et du monde arabe. Elle vient de Gaza et du peuple palestinien", a-t-il dit, observant qu'il est "nécessaire que l'occident apprenne à écouter, à découvrir et à accepter la complexité".

Auparavant, le commissaire européen à l'élargissement et à la politique européenne de voisinage, Stefan ful a salué "le courage, le talent et la vision pionnière" du président de la Fondation Anna Lindh, M. André Azoulay, qui a su avec son équipe ancrer le partenariat euro-méditerranéen dans les valeurs "les plus exigeantes" qui sont celles d'"un discours de vérité, d'altérité respectueuse de tous et d'écoute de toutes nos sociétés civiles qui, grâce à lui, aujourd'hui ont leur place, leur voix et leur institution devenue partenaire à part entière des institutions euro-méditerranéennes".

M. Ful a fait remarquer que les acquis accumulés par la Fondation "nous sont très précieux et plus nécessaires que jamais pour résister à toutes le dérives et à toutes les tentations de repli identitaire, d'exclusion ou de fracture culturelle qui minent et fragilisent l'espace méditerranéen".

La Fondation, a-t-il ajouté, exprime aujourd'hui la voix et la légitimité sociale, humaine et culturelle qui "donnent du sens à cette destinée commune à laquelle aspirent nos pays et nos sociétés civiles pour peu que l'on veuille les prendre en compte et les écouter comme a su le faire la FAL".

Un vibrant hommage à la Fondation Anna Lindh a été rendu également par l'ancien Président de la commission européenne, Romano Prodi, qui a souligné notamment que cette fondation "s'est imposée, à force de courage, de créativité et d'autorité morale", comme institution euro-méditerranéenne par excellence, qui sait rassembler et faire se converger les sociétés civiles du nord et du sud de la Méditerranée.

Dans un temps et dans un espace meurtri par la fracture, l'exclusion et les peurs, la Fondation Anna Lindh, sous la présidence de M. Azoulay, a donné "une voix et une adresse à la Méditerranée de tous, et à la méditerranée qui sait se mobiliser et s'engager pour le respect mutuel, la dignité partagée et la parité autour de laquelle doit se construire le futur du partenariat euro-méditerranéen", a-t-il dit.

Selon M. Prodi, les réalisations qui sont à mettre à l'actif de la Fondation Anna Lindh et le consensus social et politique de la Fondation ont réussi à construire à partir des 4000 Ongs qui constituent son réseau, offrent à l'Union européenne et à ses partenaires au sud de la méditerranée, "une opportunité historique" pour aller de l'avant pour reconstruire un espace apaisé et réconcilié avec les valeurs de proximité, de solidarité et d'équité qui détermineront demain la pérennité du partenariat euro-méditerranéen.

La célébration du 10è anniversaire, qui s'inscrit dans le cadre de la présidence italienne de l'Union européenne (UE), réunit du 27 au 30 courant quelques 250 délégués de 42 pays de l'Union pour la Méditerranée (UpM), dont des représentants des réseaux de la société civile, des institutions régionales, des médias et des dirigeants politiques.

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