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Mohammed Morchid - publié le Vendredi 6 Septembre à 21:57

Avis d'un enseignant mécontent




“Tous ensemble pour un enseignement public gratuit et de qualité du maternel à l’universitaire“



Mohammed Morchid
Mohammed Morchid
Cet article se veut un tir à la sonnette d'alarme pour avertir des dangers réels et éminents qui menacent notre enseignement public qui ne cesse de régresser crescendo de jour en jour, suite aux politiques hasardeuses et aux initiatives calamiteuses générées dans notre pays. L’aveu formel du président de l’Etat du revers sans appel des responsables ne nous a guère étonnés. Nous sommes des vieux de la vieille et nous connaissons tous les rouages et les engrenages du système éducatif maladif. La crise n’est pas d’aujourd’hui. C’est une vérité si évidente qu'elle en devient ridicule.

Tout au long de ma modeste carrière d’enseignant, je ne cessais de me demander constamment pourquoi chaque année nos élèves s’enlisaient de plus en plus dans les sables mouvants du marécage bourbeux de l’ignorance.

Qui est-ce qui est la pierre d’achoppement ? Toute notre politique d’enseignement et qui ne peut-être dissociée de la politique générale du pays économique, sociale et culturelle ? Les pédagogies importées et imposées à la va-vite, sans études approfondies, ni analyses effectives et concours réels des acteurs principaux ? Les membres du corps enseignant qui mésestiment les justes valeurs de ces pédagogies, méconnaissent leurs applications ou n’ont pas le sens pédagogique ?

A question pressante, réponse pesée.

Je suis sûr et certain que mes confrères et consœurs, en fins connaisseurs, peuvent dénombrer, sans se lasser, toutes les entraves et les empêchements innombrables qui retiennent l’impulsion de notre enseignement en otage. Cependant, pour ceux qui ne savent ni quoi ni qu’est-ce, il faut dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

Politiquement, les avertis savent que le socle de la politique dans ce domaine est cette Charte nationale d’éducation et de formation qui depuis son adoption a donné le tournis à notre éducation. Cette charte tant clamée trompettes et tambours battants le jour de son investiture, et qui s’est proclamée d’avoir la possibilité d’apporter le remède magique aux malheurs de notre système éducatif caduc et archaïque, ne s’est avérée en fin de compte qu’une photocopie en bonne et due forme, toute crachée du rapport de la Banque Mondiale sur le Maroc, en 1995, grimée et accoutrée à la marocaine. Et malgré sa banqueroute retentissante et les casses fracassantes, après une décennie et demie de service, les responsables continuent à tenir à elle comme les prunelles de leurs yeux. Allez savoir !

D’aucuns savent que les signes annonciateurs et dénonciateurs de l’ingérence et l’immixtion des créanciers mondiaux dans les affaires internes de notre pays ne sont plus à éclaircir.

Il va de soi que ces créanciers donnent l’impression d’être les sauveurs et les messies incontestés qui nous tendent la main pour nous faire sortir de ce labyrinthe cauchemardesque qu’ils ont eux-mêmes intentionnellement bâti à leur guise, rempli de trappes et semé de bombes à retardement avec la bénédiction et la complicité des responsables marocains connivents. Ces derniers, sans ciller ni sourciller, appliquent à la lettre leurs recommandations qui malheureusement hypothèquent et compromettent le pays, son autonomie et son avenir.

En toute vérité, ces créanciers n’y vont pas par quatre chemins. Ils exposent et imposent leurs machinations diaboliques et machiavéliques sans que nos décideurs politiques lèvent le petit doigt. Au contraire, tous les gouvernements successifs, quels qu’ils soient, ont mis la clé sous le paillasson et se sont pressés et rués pour exécuter les ordres et les directives sans broncher.

Pédagogiquement, qu’aurons-nous donc gagné de ces détritus importés des poubelles pédagogiques occidentales pour les semer dans les champs de notre éducation ? Après chaque usage, ils ne se sont avéré que des herbes mauvaises et malignes qui exterminent les pousses dans leurs berceaux. Rien que ça !

Les corollaires sont clairs comme l’eau de roche : le niveau d’apprentissage de nos enfants est en chute vertigineuse et ne cesse de reculer crûment au fil des temps. Les connaissances et les savoirs acquis demeurent théoriques et sont difficilement voire impossiblement transférables ou applicables dans le vécu quotidien.

Nos responsables ont toujours bien feint de vouloir réformer, correctement et honnêtement, notre éducation. D’ailleurs, les prémices cocasses et crétines de leur comportement déloyal s’annoncèrent à chaque étape de réforme.

De tout ce fait, et face à la gravité de la situation et la crise du système éducatif :

- Je m’élève contre l’absence d’une volonté politique sérieuse de faire participer tous les intervenants pour l’élaboration d’une réforme réelle et appropriée.
- Je me récrie, avec une grande préoccupation et profond ressentiment, contre les décisions prises individuellement par le ministère lors de la préparation et la conception des projets de réforme.
- Je proteste vigoureusement contre la méthode antidémocratique adoptée par le ministère et l'absence totale de la mobilisation sociale et populaire.
- Je rejette absolument “ le plan d’urgence “ que je considère comme un moyen de sabotage visant à détruire les principales caractéristiques et les fondements de “l'école publique“.
- J’insiste sur le choix de la résistance sociale et la lutte pour défendre l’école publique, ainsi que le droit de tous les marocains d’accéder à un enseignement gratuit et excellent.

Et pour boucler la boucle, un appel urgent à tous les honorables de ce pays : “Tous ensemble pour un enseignement public gratuit et de qualité du maternel à l’universitaire“.



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