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AFP - Miwa SUZUKI - publié le Lundi 30 Décembre à 10:10

Au pays des bonsaïs, les grands arbres souffrent aussi pour être beaux



SOSA - "Oooh, ça fait mal? Je suis désolé, je vais y aller doucement". Tadayoshi Udono relève immédiatement sa lame. Il n'est pas chirurgien, mais "sculpteur d'arbres", un créateur de "macro-bonsaïs", et il en est sûr: l'arbre a gémi.



La tradition tend à se perdre, notamment parce que les "sculpteurs d'arbres" se font vieux et que la relève n'est pas assurée.

Mais dans la petite ville de Sosa, à une centaine de kilomètres de Tokyo, on continue à tordre, saigner, entailler, corseter des arbres pour leur imposer une forme.

"C'est une femelle, regardez comme ses feuilles sont douces". Makoto Ishibashi est concentré sur un pin. Son sécateur coupe habilement telle ou telle brindille ou petite branche, pour conserver à l'arbre la forme triangulaire qu'il lui a imposée durant sa croissance.

A 55 ans, Makoto dirige la pépinière familiale, où depuis des générations ses ancêtres ont fait "souffrir" des arbres au nom d'un certain esthétisme. De nombreuses créations de Sosa se retrouvent dans les parcs et jardins de Tokyo.

Visiblement tout est dans l'amour de l'arbre mais aussi le doigté. Makoto se souvient d'ailleurs qu'un jour glacial d'hiver, alors qu'il démarrait à 18 ans dans le métier, son père l'avait enguirlandé parce qu'il portait des gants: la main perd toute son adresse lui avait-il dit.

De la maîtrise, il en a acquis depuis lors mais, avec cette humilité toute japonaise, Makoto dit qu'il doit encore et toujours s'améliorer: "Je ne pourrai pas tout apprendre avant la fin de ma vie".

L'homme qui murmure à l'oreille des arbres

Et pour un peu, ce pourrait être "l'homme qui murmure à l'oreille des arbres": "les arbres sont ma famille. Ils ne me disent pas ce qu'ils veulent, mais ils envoient des messages pour indiquer la forme qu'ils désirent".

Tadayoshi Udono, lui, est un expert du "nomiire", une technique délicate qui consiste à entailler des branches dans leur longueur pour les faire grandir et fléchir vers le sol, un des canons de la beauté botanique dans les jardins traditionnels au Japon. Il faut saigner finement pour maintenir l'arbre en vie mais suffisamment pour obtenir la courbe voulue.

Si le Japon est surtout connu pour ses exportations industrielles, notamment d'automobiles et de produits électroniques, à Sosa on croit que ces "arbres sculptés" peuvent être aussi d'excellents ambassadeurs de la culture et de la légendaire spiritualité du pays.

Une culture qui a tout de même son prix: certaines créations de Makoto peuvent atteindre 40.000 dollars à la vente.

A Sosa, on n'oublie pas les bonsaïs, les petits, pour autant. Cette spécialité japonaise a représenté l'an dernier 82 millions de dollars à l'exportation, dont 41% rien que pour la préfecture de Chiba où se trouve Sosa.

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