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Associations et ONG en plein essor au Maroc


Tom Pfeiffer - Reuters - publié le Mardi 4 Septembre 2007 à 13:25


Tom Pfeiffer - Trop de promesses non tenues pendant des décennies ont rendu les Marocains sceptiques sur la capacité de la classe politique issue des urnes à améliorer leur existence quotidienne.


Aussi ont-ils été de plus en plus nombreux, ces dernières années, à se tourner vers le monde associatif.

Les Marocains sont appelés à élire vendredi leurs députés.

Les 325 sièges de la chambre des représentants, la chambre basse du Parlement, seront renouvelés et des centaines de candidats appartenant à plus de 30 partis sont en lice.

Signe d'une certaine désaffection envers les cadres politiques traditionnels, le nombre d'associations et d'organisations non gouvernementales a quadruplé dans le royaume ces dernières années pour atteindre 100.000.

Aide médicale, éducation, équipements agricoles, vacances à la mer pour les enfants déshérités- leur champ d'action s'est de plus en plus étendu.

"Les organisations non gouvernementales ne se contentent pas de remplir les vides là où l'Etat est absent, elles s'occupent aussi de projets financés par des fonds publics", explique Abdelhai Moudden, professeur de sciences politiques à l'université Mohamed V. "Certaines gèrent même des écoles publiques avec plus d'efficacité que les fonctionnaires." Les candidats soutenus par le Palais royal ont formé une coalition avec d'anciennes personnalités d'opposition et le gouvernement espère recueillir les fruits de cinq années de réformes, marquées notamment par des initiatives dans les domaines du logement, du droit des femmes, des infrastructures routières et portuaires.

Mais les zones rurales accusent toujours d'importants retards, les grandes villes sont confrontées à des problèmes d'insécurité et nombre de Marocains pensent que les hommes politiques qui briguent leurs suffrages sont plus intéressés par leur propre carrière que par l'amélioration de la vie quotidienne de la population.

CORRUPTION ET GASPILLAGE "Même quand l'Etat débloque de l'argent, on est confronté trop souvent à la corruption, à un manque d'ambition, un manque de motivation de certains responsables politiques, ce qui conduit à du gaspillage", constate Abdelhai Moudden.
Nour-Eddine Ghramdan a créé une association qui vient en aide aux écoliers en difficulté dans la capitale, Rabat. "De nombreuses écoles publiques manquent de tout, elles se tournent vers nous", dit-il.

Son association s'occupe notamment d'améliorer l'ordinaire des cantines, d'apporter un soutien psychologique aux élèves, de dispenser des cours sur la nature et l'environnement, d'intégrer les enfants handicapés dans des classes normales.

"Dans une école, les enfants étaient ingérables, agressifs et finissaient par sécher les cours. Nous avons mis en place une petite ferme, avec des animaux, et cette thérapie a été fructueuse", raconte Ghramdan.

Même si elles tiennent à ne pas se mêler directement de politique, ces associations veulent apprendre aux jeunes les règles de base de la citoyenneté et insistent auprès des hommes politiques pour qu'ils assument pleinement leurs responsabilités envers les électeurs, dans un pays où l'illettrisme est largement répandu et où seulement 3% de la population lit un journal.

"Ce sont les groupes issus de la société civile qui ont le plus réclamé des réformes constitutionnnelles", reconnaît Amina el Messaoudi, professeur de droit constitutionnel. "Alors les partis politiques ont emboîté le pas et ont dit 'c'est à nous de nous charger de ça'." Les ONG se signalent par leur souplesse et leur efficacité, face à des formations politiques traditionnelles qui pèchent souvent par manque de transparence et de démocratie interne.

Les groupes islamistes, eux, ont été plus habiles que les partis classiques et ont créé leurs propres associations.

Le Parti pour la justice et le développement (PJD), une formation islamiste modérée donnée comme favorite du scrutin, est soutenu par le mouvement Tawhid wal Islah, qui regroupe plusieurs associations et lui fournit de nombreux cadres.

Des spécialistes font toutefois remarquer que les associations, même efficaces et dévouées, ne pourront jamais remplacer les partis politiques dans le domaine de l'action publique.

"Les ONG peuvent jouer un rôle très positif mais ce sont les partis politiques qui doivent largement déterminer les orientations de la société", souligne le professeur Moudden.





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