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Jawad Kerdoudi via Marance.info - publié le Jeudi 26 Septembre à 10:49

Ancrage du Maroc en Afrique Sub-saharienne






Jawad Kerdoudi
Jawad Kerdoudi
La récente visite au Mali du Roi Mohamed VI le 19 Septembre 2013 consolide davantage l’ancrage du Maroc en Afrique Sub-saharienne. Cette visite avait pour but de participer à l’investiture de Monsieur Ibrahim Boubacar Keita en tant que Président du Mali. Ce dernier pays avait connu début 2013 un grave crise politique qui a failli menacer son unité. En effet, le mouvement islamiste Al Qaida avait conquis le Nord du pays et menaçait directement la capitale Bamako. Grâce à l’opération militaire française Serval entreprise en Janvier 2013, les combattants d’Al Qaida furent repoussés, l’unité du pays sauvée, et des élections libres et transparentes ont permis la victoire du Président Boubacar Keita.

Le Maroc  dès le début du conflit au Mali a apporté son aide diplomatique et matérielle pour défendre l’unité du pays. Si les FAR n’ont pas combattu directement au Mali, elles ont apporté une aide précieuse à l’opération Serval notamment au niveau du renseignement. Le Maroc s’est empressé également d’installer à Bamako un hôpital de campagne pour soigner les nombreux blessés de la guerre qui a opposé l’armée régulière aux terroristes. Le Roi Mohamed VI a reçu à Bamako un accueil  triomphal aussi bien des officiels que du peuple malien. L’amitié entre le Maroc et le Mali repose également sur des liens économiques et religieux. Sur le plan économique, Attijariwafa Bank est déjà présent dans les pays à travers la Banque internationale pour le Mali (BIM), et Maroc-Telecom à travers sa filiale Sotelma. Les liens religieux sont également très importants du fait que les deux pays pratiquent l’Islam sunnite basé sur la doctrine malékite qui prône la souplesse, la modération, et l’intégration des coutumes et  pratiques locales. De plus, des liens très forts unissent certaines confréries religieuses maliennes au Maroc, telles que la Tariqa Tijania et le Tariqa Quadiria. Fès est ainsi un lieu de pèlerinage pour ces confréries, notamment la Tariqa Tijania dont le chef spiritual est enterré à Fès. C’est dans ce cadre que le Maroc va former 500 prédicateurs religieux maliens, et qu’il a promis au Mali une coopération multiforme dans les domaines de la formation professionnelle, des infrastructures de base, et de la santé.

Plus généralement, le Maroc a mis en œuvre depuis de nombreuses années une politique active de rapprochement avec l’Afrique Sub-saharienne. Cette politique est motivée principalement par la question du Sahara et par le développement des échanges et des investissements. En effet, le Maroc qui a été parmi les pays fondateurs de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA) en 1963, a dû se retirer en 1984 par suite de la reconnaissance par cette institution de la fantomatique RASD. La question du Sahara étant primordiale, le Maroc s’est efforcée de consolider ses relations bilatérales avec tous les pays africains. Le but étant de faire revenir certains pays africains de la décision de reconnaissance de la RASD, et d’obtenir le maximum de soutiens à la proposition marocaine faite à l’ONU du plan d’autonomie pour les provinces sahariennes. Notre pays a obtenu beaucoup de succès grâce à cette politique et doit maintenir son effort.

Sur le plan économique, plusieurs facteurs militent pour l’intérêt que porte le Maroc à l’Afrique. D’abord le continent africain peuplé d’un milliard d’habitants, regorge de ressources naturelles, et exprime de grands besoins pour son développement économique et social. D’autre part malgré la crise économique mondiale déclenchée en 2008, il a connu des taux de croissance élevés, notamment + 6,6% du PIB en 2012. L’économie marocaine dont les deux tiers sont orientés vers l’Europe qui vit actuellement une période de récession, a actuellement besoin de diversifier ses débouchés tant au niveau des échanges commerciaux que des investissements. C’est dans ce cadre que le Maroc a mis en œuvre une politique africaine basée sur plusieurs éléments. La première mesure concrète a été l’annulation des la dette des PMA (Pays les moins avancés) et l’exonération des droits de douane pour l’entrée de leurs produits sur le territoire national. Grâce à une multitude d’Accords et de Conventions, le Maroc a tissé des liens institutionnels propres à promouvoir les échanges commerciaux et les investissements. C’est ainsi que les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique sub-saharienne ont atteint un milliard de $, et que de nombreux investissements marocains ont été réalisés en Afrique dans les domaines financiers, Télécoms, infrastructures, mines, promotion immobilière
La politique africaine du Maroc se base également sur l’aide politique au développement, la coopération technique et universitaire puisque des milliers d’étudiants africains fréquentent nos écoles et universités.

Enfin, devant l’afflux d’immigrants sub-sahariens estimés actuellement en 35.000, le Maroc est en train de mettre en œuvre une nouvelle politique d’immigration en vue de la protection effective de leurs droits.
En conclusion on ne peut que se féliciter de l’ancrage du Maroc en Afrique-Sub saharienne. Il y a lieu cependant de ne pas nous orienter uniquement vers l’Afrique de l’Ouest, mais de viser également l’Est et le Sud de l’Afrique. Il est temps également de réorienter nos relations économiques, outre l’Afrique, sur l’Amérique et l’Asie.

Jawad Kerdoudi
Président de l’IMRI
Institut Marocain des Relations Internationales


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