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kadri zineb - publié le Jeudi 16 Janvier à 12:14

Analyse du paratexte du roman Pollens de Mahi binebine



Le paratexte éditorial d’une œuvre littéraire est représentée par le titre, le nom de son auteur, la date de parution, la première et la quatrième couverture, les illustrations, la maison d’édition, la préface et la table des matières autrement dit c’est l’ensemble des éléments verbaux et non-verbaux destinés à inciter le public à acheter le livre.
Pollens, l’œuvre de mahi binebine qui est à la fois écrivain et peintre dispose d’un paratexte originale dans la mesure où l’illustration et le roman sont crée par lui.



Une succincte biographie de l’auteur :

Mahi Binebine est né en 1959 à Marrakech.
A la fin des années 80, il décide de quitter son poste de professeur de mathématiques à Paris pour se consacrer à l’écriture et à la peinture. Et dans ces deux domaines, l’artiste rencontre rapidement le succès. Sa peinture le fait entrer dans des collections prestigieuses, comme celle du Guggenheim Museum de New York.
Mahi Binebine a longtemps vécu et travaillé à Paris, New York, Madrid et Marrakech, pour s’établir définitivement dans la ville ocre en 2002. C’est à Marrakech qu’il trouve la cire d’abeille et les pigments naturels qui confèrent une transparence unique à ses tableaux.
Analyse du titre :
Pollens : selon le Petit Robet, cela signifie poussière très fine constitué de grains microscopiques produits et libérés par les anthères des plantes.
Le pollen peut provoquer des allergies (rhume des foins, asthme pollinique).

C’est une histoire qui se passe dans le nord du Maroc, au Rif qui est une région reléguée au second plan par le pouvoir car rebelle et qui jusqu’à nos jours survit dans une quasi-autarcie. Le cannabis y est cultivé.
Au printemps, dès que la fleur du chanvre s’épanouit pour libérer le pollen, tout le village de Kétama se trouve plongé dans une quiétude et sérénité existentielles incomparables.
Pierre le héros de l’œuvre quitte l’Alsace en compagnie de sa bien-aimée Sonia pour échouer à Kétama : le pays de la contrebande et les paradis artificiels.
A leur propos, l’auteur déclare :
« J’ai construit ce récit un peu à la façon des drames antiques où l’on sait que quelles que soient les chances éphémères de liberté, les joies pures offertes aux héros, le destin fatal est en marche. La narration du rêve avec son envers de cauchemar. Le combat perdu d’avance entre l’ombre et la lumière, entre la beauté et le mal.
En fait, j’ai essayé de faire d’une histoire actuelle un conte philosophique enraciné dans un territoire où justement l’onirisme et la métaphysique font partie du quotidien.

En effet, l’errance d’un jeune homme qui fuit les Vosges pour le Maroc en quête d’un bonheur qui tourne à la folie.
« Je ne suis pas fou », dit Pierrot dès l’incipit Et cette phrase donne déjà le sens d’une histoire qui pourrait être si futile : 20 ans et l’envie de partir loin de ce trou nommé Guebwiller, écrasé dans la grisaille de l’Est. « Fuir nos familles, le froid qui ne nous quittait jamais, les petits espaces, les volets et les visages clos [...] Etre ailleurs, à jamais étrangers. » « Ailleurs », ce sera Kétama, village des montagnes du Rif marocain, « terre aride et de détresse » avec laquelle
Pierrot va s’incarner jusqu’à la vouloir sépulture. Kétama noyé dans les vapeurs du kif et dans la lumière indicible des pays du nord de l’Afrique qui est déjà sérénité.
Kétama, un monde inconnu mais pas sans écho pour Pierrot car proche de celui de ce père kabyle mort à 50 ans et si peu intégré à Guebwiller, si seul à côté d’une mère refusant la culture de l’Autre. Kétama ou l’impossible retour sur les lieux du père. « Non je ne suis pas fou », répète Pierrot. Et déjà, l’histoire bascule au point de faire pressentir, sans que rien jamais ne soit dit explicitement, que le rêve sera tourment.
La date de parution :
le premier aout 2001,Pollens est paru chez Fayard puis en 2002 chez le Fennec.
Les maisons d’édition :
Fayard est une maison d'édition française fondée en 1857 par Joseph-François Arthème Fayard. Le libellé complet du nom de l’entreprise est Librairie Arthème Fayard.
Les Éditions Le Fennec sont une maison d'édition marocaine indépendante, créée à Casablanca en 1987 par Layla Chaouni.
La première couverture :
Sur la première couverture, nous avons :
Le nom de l’auteur : Mahi Binebine.
Le titre : Pollens
L’illustration est sous forme d’un tableau de Mahi Binebine.
En effet, en parcourant la production artistique de Binebine, on est tout le temps devant un paradoxe : l’univers qu’il crée ou décrit, autant dans ses écrits que dans ses tableaux, est terriblement triste et mélancolique. Pourtant cet univers est plein de vie. Les masques, si abondants dans ses toiles, toujours suspendus dans le vide, semblent figés et livides. Mais ces masques nous parlent mieux que ne peut le faire la parole. Ils se figent pour mieux nous dire les choses.
La présence des masques trahit l’obsession de l’Afrique, comme ce fut le cas pour d’autres peintres, un siècle auparavant. Dans la peinture de Binebine, ce sont surtout les couleurs vives et les contrastes qui insufflent la vie aux toiles. Même les ombres, silhouettes à peine humaines, souvent démembrés, qui sont dénués de tout moyen d’expression normale, nous parlent intensément. Elles aussi, semblent vivantes, pas seulement grâce aux couleurs et aux contrastes : elles sont toujours en mouvement, figés dans le mouvement, dans un instant d’éternité et comme contraintes à raconter pour toujours leurs souffrances antérieures et présentes. Un peu comme ces âmes ou ces esprits tourmentés que notre imagination nous impose parfois, des êtres qui nous hantent constamment parce qu’ils n’arrivent pas à trouver la paix et la sérénité.
La quatrième couverture :
Sur cette dernière, on trouve quatre textes : les trois premiers sont des critiques de l’œuvre écrites par José Garçon de Libération,France.
Le second par M.Kabbal du magazine littéraire.
Le troisième par F.Miadi.
Alors que le quatrième est une mini-biographie de l’auteur.
Tous ces textes sont d’accord du fait que Pollens prend pour prétexte une folle histoire d’amour entre Pierrot et Sonia pour mettre en exergue l’abus du pouvoir au Maroc, et la vie sociale à Kétama région rebelle et récalcitrante de tout le territoire marocain.
La dédicace :
A Amia
Mina
Sarah
Mahi binebine a fait une dédicace spéciale typiquement féminine d’où on déduit la valeur éminente de la femme dans l’univers binebinien.

Oscillation entre incipit et exipit :
Le roman est composé de 13chapitres, de l’incipit à l’exipit :
La passion de Pierrot pour Sonia se transforme en un conte métaphysique qui glisse perpétuellement entre réel et folie.
Par ailleurs, l’auteur débute son œuvre en mettant le parallélisme entre folie et amour : « Non, je ne suis pas fou ; simplement amoureux. »p.5, Pollens.
Et dans l’exipit, on retrouve la même thématique prônée dans l’incipit qui est la fougue de la passion, la chaleur, le brûlement : « Comme ses lèvres étaient brûlantes ! »p.158

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