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Nadia Madani - publié le Mardi 17 Mai à 11:08

Aliénation




L'histoire raconte les émotions d'une femme ensevelie dans une dépression aiguë et dont elle sort grâce à un souvenir insignifiant



Cela faisait plusieurs jours qu’elle se réveillait en pleine nuit, brutalement, comme elle ferait si quelqu’un l’aurait touchée. Mais son mari dormait paisiblement à côté d’elle et personne d’autre n’était là.

Son mari rentrait tard le soir et lui préférait ses amis, et même quand il était là, ils ne parlaient pas beaucoup ce qui laissait chez elle un grand sentiment de frustration surtout qu’elle n’avait pas beaucoup de relations sociales et qu’elle voulait de lui son seul et véritable ami. Le mariage-pour elle- était d’abord une compagnie, un échange, un partage. Le mariage-pour lui-était un noyau social, des intérêts de famille, des responsabilités, des devoirs ; et entre les deux conceptions, combien de différences !

Elle se réveilla à quatre heures du matin, fixa le plafond pendant une heure sans parvenir à se rendormir et se leva alors. Sans faire de bruit, elle prépara un café et l’emporta dans la pièce au fond de la maison où se trouvait le bureau de son mari ; c’était sa pièce préférée ; la vue des livres l’apaisait comme pas possible, elle aimait leur toucher, leur odeur, leurs auteurs, leurs univers.

Les souvenirs des années passées remontèrent en surface et dérangeaient son esprit : quelque chose ne marchait pas dans sa vie et depuis quelque temps elle cherchait à comprendre ce que c’était ; oui, elle en était sûre, toutes ces années passées manquaient d’un quelque chose !

Les moments de joie, les disputes, les angoisses, les plaisirs, les fêtes, les rencontres, tout cela était bien présent, mais ce n’était pas ce qui lui fallait. Une chose lui manquait ; prenait en ce moment là des dimensions gigantesques, pesait sur son cœur, devenait importante : la TENDRESSE ! Elle en avait manquée, et elle en souffrait.

Elle décida d’en parler à son mari car elle ne pouvait plus attendre. Elle suffoquait et avait l’impression de devenir folle chaque jour un peu plus ; mais le matin arrivé, son mari était déjà sorti. Le soir, il revenait tard et ne voulait rien entendre. Elle se promettait de faire une seconde tentative, puis une troisième, puis une quatrième et cela ne marchait jamais.

Ses pensées se perdirent et devinrent vagues, elle ressentait une sorte d’abêtissement envahir son esprit et chercha à s’en échapper en passant des heures à contempler une chatte qui vivait dans le jardin depuis peu.

La chatte était tyrannisée par un gros mâle noir et cela la révoltait au plus haut degré. Elle eut un sentiment de persécution, et ne comprenait pas pourquoi elle s’identifiait à la petite chatte. Commençait-elle à devenir folle ?

Ses idées devinrent de plus en plus sombres ; son isolement total. La veille, elle avait laissé quelqu’un frapper à la porte sans aller ouvrir. Même chose pour son téléphone qui sonnait et qu’elle regardait sans lever le petit doigt. Ces mouvements ralentissaient, devenaient automates ; elle était comme vidée de son esprit.

Désormais, elle ne faisait plus attention ni aux entrées ni aux sorties de son mari ; elle ne faisait plus attention à rien, excepté à la chatte du jardin.

A travers la vitre de la chambre propre qui n’était pas la sienne mais à laquelle elle semblait être habituée, elle aperçut une chatte qui jouait dans le grand jardin devant ses yeux ; la chatte sautait entre les arbres, jouait avec sa queue, se léchait les pattes. Elle partait, puis revenait ; elle était toujours là comme pour lui rappeler quelque chose ; elle ne pouvait la quitter des yeux, elle s’accrochait à sa vue comme à un repère dans le vide.

Ses souvenirs remontèrent alors en surface et comprit tout. Elle n’était pas chez elle ; on l’avait hospitalisée, et elle n’en prenait conscience qu’en ce moment là !

Elle se leva du lit, appuya sur la sonnette à côté et vit apparaître une infirmière « Quand est-ce que je rentre chez moi ? » lui dit-elle. Une expression de joie et de surprise se dessina sur le visage de l’infirmière qui courut appeler le médecin : « Docteur, venez vite ! La patiente de la chambre X est tout à fait consciente ! » Le docteur pressa le pas, entra dans la pièce et se réjouit de voir le regard inquiet de cette patiente, qui, il y’avait un mois, était ramenée à l’hôpital dans un état dépressif très aigu, le regard fixe, le visage tout à fait fermé et semblant ne rien entendre. Mais l’expression des sentiments est le premier signe de guérison dans ce genre d’isolement psychique ! On la rassura qu’elle pouvait partir et qu’il fallait juste attendre qu’on prévienne la famille.


Tagué : Nadia Madani

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