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MAP - publié le Jeudi 19 Juin à 20:00

Algérie: une ONG dénonce une "violation manifeste" des libertés suite à la condamnation de 29 militants



Alger - Une ONG algérienne a dénoncé une "violation manifeste des droits de l'Homme et des libertés fondamentales du citoyen" suite à la condamnation, mercredi, à de lourdes peines de 29 activistes de la société civile dans la ville de Laghouat, à 400 km sud de la capitale Alger.



"Ces sentences expriment un mépris qui pousse à la révolte des consciences, au risque de conduire à des actes de barbarie", s'indigne la Ligue algérienne des droits de l'Homme (LADDH), en réaction au procès de jeunes militants et de simples citoyens qui avaient manifesté pacifiquement, début juin, contre les modalités de distribution des logements sociaux.

Selon la même source, le procès s'est déroulé "à huis clos excluant tout observateur extérieur, y compris les parents de deux mineurs".

Le citoyen algérien est devenu "la proie d'une justice instrumentalisée par une volonté politique, mettant gravement en cause la déontologie du système judiciaire algérien", désormais "cause de l'insécurité généralisée instaurée au sein de la société", déplore l'ONG, qui met en garde contre des poursuites prenant l'aspect "d'un harcèlement à caractère despotique".

La LADDH rappelle qu'après les affrontements du 8 juin dernier, "une véritable chasse à la sorcière" a été lancée par les responsables locaux "sans aucun discernement", en visant "des innocents qu'ils soient vieux, mineurs, handicapé mental, ou encore représentant de la société civile".

Les protestataires ont été inculpés d'attroupement armé, de violences envers les agents de la force publique, de destruction et dégradation des biens d'autrui.

Dix-sept d'entre eux ont été condamnés par contumace à deux années de prison ferme par le tribunal de Laghouat, tandis que douze autres ont écopé de 6 mois de prison ferme. Parmi les inculpés, figure un agent de la Protection civile ayant fait de l'opposition aux forces de l'ordre qui tentaient de lui soustraire des blessés.

Les manifestations contre la politique du gouvernement en matière de logement sont fréquentes en Algérie et sont enregistrées un peu partout dans le pays. A chaque fois, les demandeurs de logement procèdent à la fermeture des routes et, dans des cas extrêmes, des personnes s'immolaient par le feu.

Dans son précédent plan quinquennal (2010-2014), le président Abdelaziz Bouteflika avait promis de construire plus d'un million d'habitations, mais cet objectif n'a jamais été atteint. La lenteur de réalisation des projets et les accusations de corruption exaspèrent le mécontentement des citoyens, donnant lieu à des émeutes intermittentes et à des drames sociaux.

En 2013, des émeutes violentes ont éclaté dans la ville de Bordj Bou Arréridj, à 230 km à l'est d'Alger, faisant 52 blessés, 43 manifestants et 9 membres des forces de l'ordre. Les populations protestaient contre des attributions de logements sociaux, après des soupçons de favoritisme et de clientélisme dans la sélection des bénéficiaires.

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