Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Bulletin de l'actualité économique de l'Europe Orientale: Turquie:... | via @lemagMaroc https://t.co/x0V5MJ29KH https://t.co/z3QmnHayLI



MAP - Jamal CHIBLI - publié le Mercredi 13 Août à 11:10

Algérie: le pétrole marque le pas, pression sur les finances publiques




Alger - Les dernières statistiques de l'OPEP faisant état de la baisse de la demande mondiale viennent étayer l'alerte lancée, début août courant, par la Banque d'Algérie plus que jamais inquiète sur la situation financière du pays, qui dépend très largement des recettes des hydrocarbures.



Les observateurs annonçaient, depuis plusieurs mois, la fin proche du "peak oil" ou les années fastes du pétrole, qui ont permis au gouvernement algérien de disposer d'énormes ressorts financiers pour encourager la mise en place d'une économie "fortement dépensière", avec une politique de subventions à tour de bras que plusieurs voix, même officielles, veulent voir réformée.
 
Entre juin et juillet derniers, le Sahara blend, baril de pétrole algérien, a perdu 5,92 dollars de sa valeur pour boucler le septième mois de l'année sous la barre des 107 dollars. Une performance qui devrait grever encore plus la valeur des exportations algériennes, qui ont terminé le premier trimestre de 2014 en nette baisse, comme ce fut le cas durant le précédent exercice.
 
Selon des données fournies par la banque centrale, les ventes extérieures de l'Algérie se sont chiffrées, au premier trimestre de l'année en cours, à 15,92 milliards de dollars, dont 15,57 milliards d'hydrocarbures, soit presque deux milliards de moins qu'en 2013, année durant laquelle la balance commerciale du pays a perdu près de la moitié de sa valeur.
 
Par ricochet, c'est la balance des paiements extérieurs qui pâtit de la détérioration du secteur des hydrocarbures, qui restent de très loin la principale source de revenus du pays avec un taux de près de 98 pc de la valeur globale des exportations.
 
En effet, le solde extérieur a creusé son déficit pour se situer à 470 millions de dollars au premier trimestre 2014, contre 1,13 milliard pour la période de référence de l'année passée, d'après les statistiques de la Banque d'Algérie.
 
L'affaiblissement de la position extérieure du pays "est à prendre au sérieux, eu égard à la stabilisation des prix du pétrole, à la diminution des exportations des hydrocarbures en volume, couplées à des exportations hors hydrocarbures encore limitées", avait averti dès février dernier le gouverneur de cette institution, Mohamed Laksaci, qui avait également mis en garde contre le rythme "insoutenable" des importations, établis à un niveau record en 2013 avec un pactole de 55 milliards de dollars.
 
L'ex-ministre des Finances Karim Djoudi affichait clairement le même alarmisme sur l'état de la trésorerie générale du pays, ce qui avait valu, d'après certains commentateurs, le départ du gouvernement suite au remaniement de mai dernier.
 
L'ancien argentier ne se lassait pas de multiplier les appels du pied quant à l'impact négatif de la nouvelle donne sur les équilibres budgétaires du pays et le train de vie de l'Etat, tout en appelant à la diversification des sources de revenus pour sortir de l'hydro-dépendance.
 
Dans son dernier examen annuel de l'état de l'économie algérienne, le Fonds monétaire internationale a également relevé la "vulnérabilité" du pays aux développements du secteur des hydrocarbures, puisque "le déclin de la production, combiné à une hausse de la consommation interne, mettent sous pression le volume des exportations et aggravent ainsi le risque persistant d'une baisse des cours de pétrole". 
 
"Si les réserves restent en 2030 à leur niveau actuel, nous n'allons couvrir que la demande nationale, il en restera très peu pour l'exportation", avait récemment déclaré le Premier ministre Abdelmalek Sellal devant la chambre basse du Parlement algérien. 
 
Disposant de 12 milliards de barils de pétrole et de 4.000 milliards de m3 de gaz, l'Algérie ne devrait pas être en mesure à l'avenir de maintenir ses volumes d'exportation actuels, d'où l'impératif d'explorer de nouveaux gisements pour préserver sa position sur le marché international des hydrocarbures. 
 
Or, comme le prédisent la majeure partie des experts, l'Algérie est exposée, dans les années à venir, à un risque réel de tarissement de ses gisements, à l'image de la chute libre de la production dans le méga-champ gazier de Hassi R'mel, l'un des plus importants au monde.
 
La hausse fulgurante de la demande énergétique domestique est venue tout aussi assombrir un peu plus le tableau. La facture énergétique du pays, qui s'est élevée à près de 40 milliards de dollars en 2013, pourrait doubler dès 2024 si la consommation continue à progresser à un rythme de 7 pc par an.


Tagué : pétrole

               Partager Partager