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MAP - Mohammed SEGHIR - publié le Mardi 1 Avril à 15:42

Algérie: des promesses "présidentielles" alléchantes face à l'indifférence des électeurs




Alger - Face à la désaffection des électeurs, de l'avis des observateurs et même des concernés, les candidats à la prochaine élection présidentielle en Algérie se sont mis à miroiter des promesses alléchantes, parfois improbables, dans une tentative de remuer les foules boudant les meetings ou peu nombreuses à s'y rendre.



Comme attendu, la campagne, mise en orbite le 23 mars dernier, n'emballe guère les Algériens, en particulier les jeunes, qui désertent les lieux de meeting animés par les prétendants au Palais d'El Mouradia ou leurs représentants, pour ce qui est du président sortant Abdelaziz Bouteflika, dont les problèmes de santé l'empêchent d'animer personnellement.
 
C'est ainsi que le candidat à sa propre succession a chargé de cette mission certains de ses proches lieutenants, à l'image du Premier ministre démissionnaire Abdelmalek Sellal, du directeur du cabinet à la présidence, Ahmed Ouyahya, et du représentant personnel du chef de l'Etat, Abdelaziz Belkhadem, tous deux réhabilités juste avant les joutes électorales après une embrouille avant leur propre camp.
 
Malgré une couverture intense des médias officiels et indépendants et via les réseaux sociaux, les candidats n'ont pas réussi à séduire l'électorat dans les régions visitées jusque-là, mais ils gardent l'espoir de raviver la compétition et d'attiser l'enthousiasme quand leurs caravanes poseront leurs quartiers à Alger, où il leur serait plus facile de rassembler leurs partisans, à la faveur du poids démographique et politique de la capitale.
 
En illustration des couacs de la première semaine de la campagne, marquée par l'annulation de certaines réunions en l'absence d'auditoire, la presse locale rapporte une anecdote arrivée à Abdelaziz Belkhadem à Constantine. Faute de public, les organisateurs du meeting se sont rabattus sur les supporters de l'équipe locale de football, en leur promettant des tickets pour assister à une rencontre de coupe d'Afrique prévue le jour même. A la fin de la réunion, tout le monde a disparu et la promesse est partie en l'air. En colère, les amateurs du ballon rond n'ont trouvé mieux que de scander des slogans anti-FLN, le parti de Belkhadem.
 
Acculés à surmonter ces difficultés, les candidats ont commencé à rivaliser en promesses, s'attirant les foudres des commentateurs qui leur reprochent de "courir à contre-courant" de l'évolution de la société, au lieu de promettre des réalisations "pratiques" et "sérieuses", loin de la "surenchère politique en déphasage avec la réalité".
 
Ouvrant le bal, la candidate Louisa Hanoune a affirmé que si elle est élue, elle changera "toutes les lois du pays" pour baliser le terrain devant l'émergence de "la deuxième République", que les journaux comparent à "la République idyllique de Platon". De cette manière, a-t-elle argué, "nous pourrons non seulement faire face aux résidus du parti unique, mais aussi les éliminer définitivement".
 
Plus généreux, l'autre candidat Moussa Touati, président du Front national algérien, a promis une allocation famille mensuelle de 10.000 dinars -un peu plus de 90 euros- par enfant pour chaque famille algérienne dont le salaire est inférieur a? 100.000 dinars, en vue de contribuer à l'amélioration du pouvoir d'achat des ménages.
 
Ainsi, le leader du FNA fait un clin d'œil à une mesure annoncée récemment par le président sortant Bouteflika qui a appelé à la création d'un Fonds de soutien pour la femme divorcée en charge d'enfant en bas âge. "Au lieu de militer pour la cohésion de la famille faisant face à la dégradation de son pouvoir d'achat, on nous propose un fonds qui encourage sa dislocation par le divorce", a-t-il dit.
 
Outre son engagement à porter, une fois chef d'Etat, la croissance à 7 pc tout en réduisant l'hydro-dépendance, l'ancien Premier ministre Ali Benflis a promis l'octroi d'une allocation mensuelle au profit de chaque chômeur, soit quelque 10 pc de la population active. A Ouargla, région la plus touchée par le chômage en Algérie, Benflis, longtemps aux affaires, oeuvrera à la transformer en une sorte de Californie, l'Etat le plus prospère aux Etats-Unis.
 
Les représentants de Bouteflika, dont certains ont été hués lors de meetings par des chômeurs ou des opposants au 4ème mandat, ont été, eux aussi, au rendez-vous des promesses, comme celle lancée par Abdelmalek Sellal, directeur de campagne, qui veut "faire de l'Algérie une perle de l'Afrique et de la Méditerranée".
 
Le staff de Bouteflika, qui emprunte un ton de défi à l'adresse de ses rivaux et adversaires politiques dans l'opposition, axe son discours sur le chantier des réformes politiques et constitutionnelles, promis dès 2011 par le chef de l'Etat dans l'effervescence du phénomène dit "printemps arabe". 
 
Les collaborateurs de Bouteflika veulent se montrer plus fédérateurs autour de cette question, en annonçant l'ouverture d'un débat élargi et participatif pour l'élaboration d'une nouvelle Constitution avant la fin de l'année.
 
Plaçant la barre encore plus haut, le jeune des candidats, Abdelaziz Belaid (51 ans) a promis de faire de l'Algérie "le Japon de l'Afrique" à travers l'exploitation réelle de toutes les richesses humaines et naturelles du pays, passant outre la conjoncture économique délicate que traverse son pays sur fond des craintes de la chute des cours du pétrole au niveau mondial, sachant que les hydrocarbures représentent 95 pc du volume global des exportations du pays. 



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