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APS - publié le Jeudi 1 Décembre à 10:19

Algérie. Amar Ezzahi, le génie musical qui a incarné le chaâbi



Alger - Si El Hadj M'hamed El Anka a fait du chaâbi un genre à part entière, Amar Ezzahi, lui, l'a hissé à des sommets musicaux et spirituels en incarnant pendant cinquante ans, l'esprit et la lettre d'un art populaire auquel il voua, loin des projecteurs, toute son existence.



Amar Ezzahi
Amar Ezzahi
Disparu mercredi à l'âge de 75 ans, "Cheikh Leblad" comme l'ont surnommé ses innombrables fans, lègue une oeuvre musicale impressionnante de richesse et composée essentiellement d'enregistrements de fêtes familiales qu'il avait choisi d'animer exclusivement depuis sa dernière apparition sur scène, en 1987.

De la chansonnette avec laquelle il débute sa carrière dans les années 1960 en interprétant les textes du compositeur Mahboub Bati, jusqu'aux pièces du Melhoun (poésie populaire) dont il exhume les trésors, en passant par l'andalou, Ezzahi aura imposé un style fait d'improvisations, de virtuosité musicale et d'interprétation profondément nourrie du mysticisme des troubadours maghrébins qu'il a célébrés.

Cette touche unique qui lui vaudra le surnom de "Soltane Lehwa" (Roi des airs musicaux), l'artiste l'a aussi imposée grâce à ses enchaînements entre les Qsid (poèmes) durant les longues soirées de fêtes: capable de changer de registre, de rythme ou de mode en quelques notes, il a contribué, de l'avis des connaisseurs, à casser la monotonie du chaâbi.

Cette liberté s'est aussi exprimée dans ses mélanges improbable d'airs et de textes, à l'exemple de sa célèbre interprétation de "Esmaâ Noussik Ya Insane", un poème-testament du grand Abdelaziz El Maghraoui (Maroc, XVIe siècle) sur un air de Mohamed El Badji (1933-2003) dont il avait, par ailleurs, interprété avec brio les plus grandes chansons.

Amar Ezzahi aura surtout contribué à ouvrir le chaâbi sur d'autres genres: musique classique, bande originale de film et même variété française font leur apparition dans ses morceaux et acquièrent, sous les riffs délicats de la mandole du maître, une sonorité locale. L'ampleur de la recherche musicale de l'artiste n'est explicable qu'au regard de la vie retirée qu'il avait choisi de mener.

Une existence entièrement consacrée au perfectionnement de son art. Lui qui se définissait comme "un petit chanteur populaire", aura ainsi fait siennes, jusqu'à les incarner, les valeurs de modestie, de conscience de sa propre petitesse devant l'immensité de la création, portées par les poèmes soufis de Benmsayeb, Bensahla et d'autres auteurs.

Il aura, aussi, incarné, pour les plus âgés tout comme pour les jeunes, le sens profond du chaâbi né dans les années 1940 et des souffrances des Algériens durant la colonisation: un art des pauvres dont il fut proche et une musique des quartiers populaires qu'il n'a jamais quittés, ces mêmes quartiers où sa voix continuera à résonner.

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