Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Une veille informationnelle sur le festival international du film de Marrakech App #eMarrakech #FIFM2016... https://t.co/34xwOAAqjU


MAP - publié le Lundi 13 Juin à 12:40

Alerte au terrorisme: le nouveau coup de froid entre Pretoria et Washington



Johannesburg - La récente mise en garde américaine au sujet de potentielles attaques terroristes en Afrique du sud et la réaction du gouvernement sud-africain à cette mise en garde viennent marquer un nouvel épisode d'une relation qui n’a pas été toujours facile entre Pretoria et Washington.



Les analystes ont vu dans les échanges entre responsables américains et sud-africains au sujet de cette question, une illustration de cette tension qui ponctue les relations entre les deux pays depuis 1994, date de la fin du régime de l’apartheid.

En effet, les autorités sud-africaines ont préféré faire la sourde oreille pendant quatre jours à la mise en garde émise le 4 juin par l’ambassade américaine à Pretoria, concernant d’éventuelles attaques qui pourraient viser certains endroits stratégiques fréquentés par des ressortissants étrangers, notamment les grands centres commerciaux de Johannesburg et de la ville du Cap. L’alerte américaine a été par la suite relayée par le Royaume-Uni et l’Australie, qui ont appelé leurs ressortissants établis en Afrique du sud à faire preuve de vigilance. 

Ces alertes répétées ont poussé les autorités sud-africaines à rompre leur silence, rejetant en vrac les mises en garde occidentales.

Dans un souci apparent d’éviter de déstabiliser davantage une économie nationale déjà en difficulté, le gouvernement sud-africain a déclaré qu’il n’y avait pas de risque imminent d’acte terroriste dans le pays. 

Le département des Affaires étrangères (DIRCO) et l’agence nationale de la sécurité d’Etat (SSA) ont fini par rehausser le ton, exprimant des critiques acerbes à l’égard du traitement réservé à cette question par les services de l’ambassade américaine.

Un communiqué conjoint du DIRCO et de la SSA est allé jusqu'à émettre des interrogations au sujet des véritables intentions sous-tendant la mise en garde américaine. «Le gouvernement sud-africain rejette les tentatives de pays étrangers d’influencer, manipuler ou contrôler l’action de notre pays dans le domaine de la lutte contre le terrorisme», lit-on dans le communiqué, dont les auteurs ont rejeté ce qu’ils ont qualifié de tentatives visant à générer des impressions alarmistes et provoquer l’hystérie du public, en se basant sur une source unique et peu fiable.

«Il s’agit d’une accusation sérieuse», estime l’analyste Chris Williams, soulignant que les déclarations des autorités sud-africaines suggèrent que les Etats-Unis ont publié la mise en garde dans le but de porter atteinte à l’intégrité du gouvernement de Pretoria et semer la confusion dans le pays.

La nature des accusations sud-africaines n’est pas nouvelle, estime l’analyste.

En effet, en février dernier, le secrétaire général du parti au pouvoir, le Congrès National Africain (ANC), Gwede Mantashe, a accusé Washington de vouloir changer le régime en Afrique du sud.

En 2014, le ministre adjoint de la défense, Kebby Maphatsoe, a accusé le protecteur public sud-africain, Thuli Madonsela, d’être un agent à la solde des services de renseignement américains. Selon lui, la responsable tentait de porter atteinte à l’ANC dans le but de mettre en place un régime pro-américain à Pretoria. Chris Williams souligne que la récente friction au sujet de la menace terroriste doit être analysée dans un contexte plus large, celui de la méfiance qui marque les relations entre Washington et Pretoria.

D’autres analystes estiment que cette méfiance ne date pas d’hier. Elle remonte, d’après eux, à 1994, date de la fin du régime de l’apartheid et la naissance de l’Afrique du sud nouvelle.

La jeune nation, emportée par l’ambition parfois démesurée de s’imposer comme le chantre de la renaissance africaine, a viré au soutien de mouvements ou régimes mis au ban de la communauté internationale, au nom de l’amitié nouée durant le combat contre l’apartheid, notent les observateurs, soulignant que cette politique a suscité la désapprobation des pays occidentaux en premier lieu les Etats-Unis.

Pour Scott Firsing, spécialiste des questions sud-africaines, les relations américano-sud africaines ont été, depuis 1994, un véritable champ de mines, en raison des frictions régulières qui ont opposé les deux pays sur plusieurs fronts.

La dernière brouille au sujet de la menace terroriste n’est qu’un épisode de cette longue relation difficile que les deux pays continueront de gérer.

               Partager Partager


Nouveau commentaire :
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook, Twitter ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.

Les internautes peuvent signaler des messages qu’ils estiment non conformes à ces Charte de modération en cliquant sur le bouton « Alerter ».

Fil Info | Lemag | Presse | Tribune | Sahara