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Abderrazzak El Qarouni - publié le Vendredi 16 Mai à 13:25

Ahmed Belhaj Aït Ouarham : Le Poète mystique




Membre et membre fondateur de plusieurs associations littéraires et intellectuelles de renommée internationale, Ahmed Belhaj Aït Ouarham est l’une des figures marquantes de la poésie marocaine contemporaine. Dernièrement, il a remporté le Prix du Maroc du Livre, au titre de l'année 2014, dans la catégorie de poésie pour son recueil de poèmes intitulé ''Liaflakihi rachakato raghba'', Maroc, 2013, (Ses astres ont la grâce du désir). Portrait.



Ahmed Belhaj Aït Ouarham
Ahmed Belhaj Aït Ouarham
Né en 1948 au vieux quartier Hailana de la médina de Marrakech, Aït Ouarham apprit le Coran à l’école coranique avant d’intégrer l’enseignement primaire et continuer son parcours scolaire, comme il se doit, dans l’enseignement collégial et secondaire. Bac en poche, il s’inscrit à la Faculté des Sciences Juridiques et Économiques de Rabat où il obtint une licence en droit. Et animé d’un désir insatiable de savoir, il émigra au Caire pour poursuivre ses études supérieures et décrocha un Master ès Lettres arabes…

Aït Ouarham composa son premier poème en 1962, lors de la crise maroco-algérienne sur les frontières. Ce poème, plein d’émotion et d’élan patriotique, a pour titre «Dam Al Maghrib » (Le Sang du Maroc) et est paru à la revue «Attaâoune Al Watani » (L’Entraide Nationale).

Cette percée médiatique a satisfait son père et a mis un terme à sa sempiternelle antienne: « je ne te donnerai pas un sou, si tu ne brilles pas dans les études ».

Le poète Aït Ouarham est un créateur qui a le don de l’écriture. Il a essayé la nouvelle, la critique, le commentaire, l’étude…, mais il s’est distingué surtout dans la poésie.

Ses poèmes ont été publiés dans de nombreux organes de presse du Maghreb et du Moyen Orient. De plus, une partie en est traduite dans plusieurs langues étrangères, à savoir l’anglais, le français, l’espagnol, l’hongrois, le bulgare et le polonais.  

Fasciné par le journalisme, Aït Ouarham a travaillé pendant un certain temps en tant que correspondant au Maroc du journal «Al Aâmal Attakafi » (L’Action Culturelle) paraissant en Tunisie et il a fait également partie du comité de rédaction du journal « Al lkhtiar » (l’Option), publié au début des années soixante-dix par la poétesse marocaine Malika El Assimi.

Doté d’une plume facile, le poète Aït Ouarham a fait paraître plusieurs recueils entre autres: Zaman Al Rhorba, Iraq, 1979, (Le Temps de l’exil); Kitaba Ala Alouah Addam, Tunis, 1984, (Écriture sur les tablettes de sang), et d’enchainer avec des recueils édités au Maroc, à savoir: Al Oubour Min Tahti Ibti Al Maout, 1994, (En passant sous l’aisselle de la mort ou En frôlant la mort) et Taïr Min Ardi Assimsima, 1995, (L’Oiseau de la terre du sésame), Walaim Al Maârij, 2003, (Festins des ascensions), Al Khourouj Min Laili Al Jasad, 2006, (Sortie de la nuit du corps), Hanat Arrouh, 2007, (Taverne de l’âme).

Il a, aussi, publié de nombreuses études et recherches sur la poétique des bains, Averroès et la problématique du savoir mystique, la zaouia rahhalia, les métamorphoses du livre et esthétique de réception, et enfin sur la calligraphie arabe et la science des lettres.

Les productions poétiques d’Aït Ouarham ont fait l’objet de plusieurs études universitaires. Les chercheurs ont tenté, chacun à sa manière, de définir la nature du langage et du rythme dans sa poésie, mais aucun d’eux n’a déterminé l’école littéraire à laquelle cette poésie appartient. Cette question de classement est ainsi élucidée par le poète: « Je me trouve dans l’expérience poétique mystique, non au sens religieux, mais aux sens philosophique, spirituel et linguistique ».

Aït Ouarham vit en parfaite harmonie avec ses habitudes. Depuis son enfance, il assiste aux séances du Dikr, litanie spéciale, qu’abrite de temps à autre la confrérie Tijania de Marrakech.

Poète virtuose, il fait de la poésie classique et de la poésie libre traitant tous les genres sauf celui de la diatribe. Sur ce point, il dit: « Je refuse d’écrire de la diatribe. C’est du domaine de l’injure, une bassesse au-dessus de laquelle je m’élève. Du moment que je suis pour l’amour du prochain, pour la philanthropie, je ne peux me permettre d’injurier un homme quelconque. Même si celui-ci me blesse avec ses propos, je dois lui chercher une excuse ou je dois chercher en moi-même le défaut qui l’a poussé à me manquer d’égards».

Dans la conception d’Aït Ouarham, la poésie est synonyme de vertu. Ce sont deux choses qui vont de pair. Le poète est ainsi sanctifié et son prestige rehaussé. Il est appelé à mener une vie au-delà de tout soupçon et à donner l’exemple. « Je ne fais pas, dit-il, de dissociation entre la poésie et la vertu. Celui qui écrit de la poésie et n’est pas vertueux, et, à mon sens, un poète traître ».
          
Aït Ouarham est un poète initiateur, représentatif d’une génération qui apporte un sang frais à la culture marocaine contemporaine.



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