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Abdelghani AOUIFIA - MAP - publié le Jeudi 2 Juin à 12:19

Afrique du sud: Zuma renforce son emprise face à une rébellion qui s’épuise






Fragilisé ces derniers mois par une série de scandales qui menaçaient son avenir politique, le président sud-africain Jacob Zuma semble avoir réussi à rebondir pour renforcer son emprise sur l’ANC et partant sur le pouvoir dans le pays, estiment les analystes.

«Zuma a foulé un terrain hautement miné dans le sillage du scandale Nkandla», indique Sakhile Hadebe, professeur de science politique à l’université du KwaZulu-Natal, soulignant que le président sud-africain a pu surfer habilement sur la vague des protestations, en particulier grâce aux forts soutiens dont il dispose au sein de l’ANC.

Des voix s’étaient élevées à travers le pays, y compris au sein de l’ANC, appelant à la démission de Zuma suite à un arrêt historique de la Cour constitutionnelle, estimant que le président avait violé la loi fondamentale en refusant de rembourser à l’Etat des frais de rénovation de sa propriété privée dans son village natal de Nkandla, dans l’est du pays.

Zuma, qui a longtemps nié toute irrégularité dans le financement public de ces travaux estimés en 2014 à 24 millions de dollars, a fini par s’excuser, dans un discours à la nation, d’avoir eu recours aux fonds publics, reconnaissant avoir commis une faute constitutionnelle.

«Après l’arrêt de la Cour, la position de Zuma semblait intenable», observe Hadebe.

L’analyste met la survie du patron de l’Union Buildings (quartier général du gouvernement à Pretoria) à l’actif de l’efficacité de ses alliances au sein de l’ANC.

En effet, le parti au pouvoir a réussi à avorter de nombreux mouvements de protestation contre Zuma dans les grandes métropoles du pays, bloquant, au passage, une motion de censure introduite au parlement par l’opposition dans le cadre de ses multiples tentatives désespérées d’éjecter Zuma de son fauteuil de chef d’Etat.

Dans leur défense de Zuma, les ténors du parti de Nelson Mandela ont avancé des arguments qui continuent d’avoir un large et fort écho parmi la majorité noire, indique Pierre du Toit, chercheur à l’université de Stellenbosch, près de la ville du Cap.

L’unité du parti à l’approche des élections communales, qui auront lieu le 3 août prochain, semble avoir convaincu les membres du parti à enterrer la hache de guerre, au moins jusqu'après le scrutin, ajoute le chercheur.

Du haut de ses 74 ans, Zuma maintient toujours une forte influence sur l’ANC, depuis son élection à la tête du parti en 2007. Tout au long de cette dernière décennie, il a réussi à implanter ses alliés dans les structures clefs dans les neufs provinces sud-africaines. 

Zuma compte aussi plusieurs alliés loyaux au sein du comité national exécutif, organe décisionnel suprême de l’ANC, et par ricochet au sein du gouvernement.

Lundi dernier, le comité national exécutif de l’ANC a décidé à l’issue d’un conclave de trois jours que Zuma doit continuer d’assumer son poste de chef du parti, en dépit des controverses suscitées par l’arrêt de la Cour constitutionnelle.

Le comité a appelé tous les membres de l’ANC à cimenter les rangs du parti et à se mobiliser pour garantir une victoire écrasante lors du scrutin communal, a dit Gwede Mantashe, secrétaire général de l’ANC.

«Toute polémique doit cesser face à la primauté de cette mission», a-t-il souligné.

Fidèle à sa réputation de tacticien et conscient de l’importance de son fief du Kwazulu Natal dans toute décision se rapportant à la trajectoire d’avenir de l’ANC, Zuma a pris le soin de limoger la semaine dernière le premier ministre de cette province Senzo Mchunu pour le remplacer par Willies Mchunu, un de ses proches alliés.

Le Kwazulu Natal abrite la plus forte concentration de membres de l’ANC dans toute l’Afrique du sud.

Par ailleurs, les analystes politiques n’écartent pas la possibilité d’une resuscitation du débat sur l’avenir de Zuma à la tête de l’ANC en cas de mauvais résultats lors des communales d’août. 

«Pour le moment, Zuma semble avoir repris l’initiative», indique Pierre du Toit, notant que s’il s’avère un handicap pour l’ANC, ses partisans n’hésiteront pas à lui trouver une sortie honorable.



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