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Ahmed Bentoudja - publié le Mardi 7 Juillet à 14:43

Abidar, Lopez, les jupes, les bisous et le "travelo"






Abidar, Lopez, les jupes, les bisous et le "travelo"
Le titre de cette tribune pourrait être celui d'un film d'aventure, mais par malheur, il résume l'actualité marocaine de ces derniers mois. Une actualité marquée par d'impressionnants et très inquiétants évènements qui menacent sérieusement les libertés individuelles au Maroc, au point de se poser la question suivante: faut-il craindre un retour en arrière?

Après le tollé général provoqué par le film "Much Loved" de Nabil Ayouch, le show musical de Jennifer Lopez à Mawazine et les deux hommes accusés d'homosexualité de la Tour Hassan, l'historiette continue avec deux faits graves d'une époque que l'on pensait révolue: deux jeunes filles ont été poursuivies en justice pour avoir porté... des jupes, et un homme présumé homosexuel est lynché en public à Fès.

L'enchaînement et la montée de ces actes ne sont pas fortuits. C'est l'expression et le résultat d'un malaise (identitaire) profond dont souffre notre société. Du reste, ne pas condamner fermement ces dépassements, c'est répondre au principe juridique: le silence vaut acceptation.

Les libertés, comme les droits, sont indivisibles. Toute personne, quelle que soit son appartenance religieuse ou idéologique, quelles que soient ses convictions culturelles et ses orientations sexuelles, est libre de vivre comme bon lui semble dans le respect, bien évidemment, des normes de vie en société.

Mais:

Tant que l'école publique marocaine restera défaillante;
Tant que l'Etat ne donnera pas le bon exemple en matière de respect de toutes les libertés;
Tant que nos politiques continueront à adopter un discours populiste, ambigu, frôlant le langage ordurier et banalisant les discriminations, les violences verbales et les confrontations des personnes au lieu de celles des idées;
Tant que l'élite continuera à se replier sur elle-même sans se préoccuper (sérieusement) du reste de la société;
Tant que les inégalités criantes demeureront dans notre société;
Tant que les victimes feront l'objet de poursuites judiciaires à la place de leurs assaillants;

Les libertés individuelles et les libertés de manière générale seront toujours compromises et remises en cause.

En définitive, il serait malheureux que le Maroc perde la fibre qui a fait de lui, durant des siècles, une terre d'exception. Celle de la tolérance, du respect des minorités et du droit à la différence, de la coexistence humaine et de toutes les valeurs de libertés; valeurs qui semblent aujourd'hui être au bord de l'abîme et qu'il faut impérativement cultiver chez les jeunes écoliers et écolières d'aujourd'hui, pour ne plus craindre l'avenir...


Tagué : Ahmed Bentoudja

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