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Abderrahman Benhamza - publié le Jeudi 29 Janvier à 17:00

Abderrahmane Banana : Le signe comme creuset identitaire

50 ans de peinture marocaine





Abderrahmane Banana
Abderrahmane Banana
Abderrahmane Banana a participé à l’exposition collective organisée récemment à la médiathèque (mosquée Hassan II) à Casablanca sous le thème « 50 ans de peinture marocaine », et qui a regroupé quelque cent vingt artistes du Maroc toutes générations confondues. Professeur à l’Ecole supérieure des Beaux-arts de Casablanca et membre du Bureau du Syndicat des artistes marocains professionnels, Banana s’es toujours distingué par une approche plastique axée sur le signe lequel est noyé dans une palette aux harmonies équilibrées. Formé initialement au design publicitaire (Belgique 1978) avant de décrocher un diplôme supérieur en peinture (1980), l’artiste s’est dès le départ retrouvé dans son élément : faire de l’art une source/ressource, avec des visions ciblées à l’endroit de tout ce qui interpelle la mémoire, la sensibilité esthétique en quête d’une iconographie différenciée.

Iconographie largement dédiée à cet « objet plastique » inépuisable qu’est le signe mais aussi à la lettre dont l’aspect graphique est chargé d’une dynamique ouverte, se pliant à l’heureuses métamorphoses qui ne laissent pas d’en authentifier le profil, la structure et les renvois métonymiques. Ainsi, Banana procède t-il à un patient travail de laborantin, à partir duquel se définit la nature du chromatisme.

Les couleurs vont dialoguer avec ce partenaire surprenant et multiple (le signe), elles sont posées en aplats légers et quasi transparents, avec un aspect aquarellé bien que leur préparation ait fait appel  à une « cuisine » délicate, faite de pigments et matières mélangées et raffinées. L’habillage chromatique des toiles doit concorder avec la perception de la forme plastique chez l’artiste, ainsi que l’attirail signalétique qui va l’accompagner.

Il n’y a chez Banana aucune propension au décoratif ; l’artiste dépouille autant que possible, allégeant sa composition de tout ce qui pourrait renvoyer à sa biographie ou à une quelconque tendance scolastique. En effet le signe ne vaut, plastiquement parlant, que par sa stricte dynamique scripturale, avec, inévitablement, un côté référentiel qui serait ici ludique, là linguistique (relativement à l’écriture amazighe) ou documentaire dans le sens où, derrière, se révèle une histoire humaine ; le signe serait alors considéré dans l’ensemble de ses manifestations, tels les incunables d’un imaginaire collectif pouvant remonter jusqu’à la nuit des temps.

Le critique Clément Greenberg dit ceci, que l’artiste est celui qui conçoit et réalise son propre art. Dans le cas de Banana, ce serait un art à la fois formalisé et pris à l’état brut, puis mêlé et dissous, pour aboutir à une abstraction symbolique où le vécu et le ressenti de l’artiste se voient transformés et libérés de tous les poncifs de la peinture, ceux entretenus par les leurres et les spéculations du marché…

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