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MAP - Hicham Lakhal - publié le Lundi 27 Juin à 13:28

Abdelouafi : le Marocain qui a réalisé l'autosuffisance alimentaire en pleine crise vénézuélienne



Maracaibo - Il y a quelques années, Abdelouafi a choisi de s’installer au Venezuela et plus précisément à Maracaibo (nord-ouest), mais la détérioration des conditions de vie dans ce pays, aux prises avec une crise sans précédent et des pénuries en tout genre, a poussé ce natif de Marrakech à contempler la possibilité de plier bagages avant de changer d’avis, du moins temporairement.



Après mûre réflexion, Abdelouafi a choisi de rester et de mettre en œuvre une idée qui n’est pas venue à l’esprit de beaucoup de Vénézuéliens qui bataillent tous les jours pour mettre du pain sur la table.

"Qui aurait cru qu'il viendra le jour où je mettrai en pratique tout je ce que j’avais appris lors de mes séjours estivaux dans la ferme de mon père dans les environs d'Ait Ourir", confie Abdelouafi dans un entretien accordé à la MAP.

"J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai labouré le jardin de ma maison pour y planter des oignons, des tomates, des pastèques et bien d’autres fruits et légumes qu’il est désormais impossible de trouver sur les étals", explique Abdelouafi qui a exercé le métier d'enseignant durant des années dans la campagne, au sud du Maroc, avant de rejoindre son épouse vénézuélienne à Maracaibo. 

Selon lui, l’idée de cultiver sa propre nourriture lui a permis de récolter les fruits de son labeur et de réaliser une autosuffisance alimentaire, à l’heure même où beaucoup allaient au lit le ventre vide et d’autres allaient à l’assaut des décharges, peuplées de hérons garde-bœufs et d’autres animaux.

Dans un récit de la réalité amère qui fait désormais le quotidien des vénézuéliens et des immigrés, Abdelouafi estime qu’il est mieux loti que beaucoup de ses amis qui ont été obligés, par manque de moyens, à attendre la fermeture des marchés populaires pour ramasser ce qui restait des légumes gâtés jetés par les vendeurs.

La crise alimentaire ne se limite pas aux légumes mais va bien au-delà, soutient Abdelouafi, en référence aux longues files s’étendant sur des kilomètres pour acheter une bouteille d’huile, une boite de lait ou du beurre à près de mille fois leur valeur de marché. En effet, ajoute-t-il, une boite d’œufs coûte 3.000 bolivars soit le salaire minimum vénézuélien. 

Plusieurs amis d’Abdelouafi n’ont pas pu faire face à la situation difficile au Venezuela -un pays qui accueillait il n’y a pas si longtemps beaucoup d’immigrés syriens- et ont préféré se rendre aux États-Unis ou dans les pays voisins comme la Colombie, où la situation est plus clémente qu’au Venezuela, un pays que le communisme du XXIe siècle a précipité au bord du chaos après que l’inflation ait atteint le taux invraisemblable de 700 pc sous le président Nicolas Maduro. 

Étant donné que beaucoup ont choisi d’immigrer aux États-Unis pour mettre un terme à leurs problèmes, le centre de langues dirigé par l’épouse de M. Abdelouafi a connu un engouement sans précédent pour l’apprentissage de la langue de Shakespeare, avant que les autorités américaines ne décident de verrouiller la procédure d’obtention de visa pour les Vénézuéliens. 

Abdelouafi fait partie de ces jeunes qui sont restés fidèles à leurs choix en dépit des difficultés, et sont parvenus à se frayer un chemin au sein de cette société latino-américaine où ils ont choisi de s’établir avec leurs épouses.

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