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Abdelali Najah - publié le Vendredi 24 Octobre à 22:21

Abdellah Baida : « Le dernier salto » comme un défi aux lois de la pesanteur



Le café littéraire a organisé une rencontre avec l’écrivain marocain Abdellah Baida autour de son roman « Le dernier salto » à la médiatique de l’Institut Français d’El Jadida le 24 octobre 2014. Cette rencontre littéraire a été animée avec brio par le professeur Abdelali Errehouni.
À cette occasion exceptionnelle, Abdellah Baida nous a accordé un entretien pour le plaisir des lecteurs.



* Que représente l’écriture pour vous ?

L’écriture est une façon d’être, une manière d’exister et de résister. Ecrire, c’est donner naissance à des univers originaux qui procurent beaucoup de plaisir mais aussi pas mal d’inquiétudes.

* Vous venez de publier votre roman « Le Dernier Salto » aux éditions Marsam dont le protagoniste Mohammed essaye de réaliser des pérégrinations multiples. Voulez-vous nous raconter davantage ?

C’est un roman qui est difficile à résumer mais je pense que ce « pitch » publié dans la brochure du Prix Grand Atlas 2014 en rend compte de façon assez convaincante : « Au centre de ce récit qui remonte le cours du temps, Abdellah Baïda a placé une figure, un exploit, une échappée : le salto. Ce saut arrière, dont le narrateur a toujours rêvé, comme un défi aux lois de la pesanteur.
Le narrateur suit le mouvement ternaire de sa figure de référence pour faire remonter à la surface les souvenirs et les instants marquants de son existence. Montée-rotation-réception, voilà la vague du salto. N’est- ce pas le mouvement propre à toute action, individuelle ou collective ? La vie du rêveur semble être celle de toute une société en mutation.
A travers le prisme du saut, l'auteur tente d’empoigner l’insaisissable et de nommer l’innommable. Figer le furtif, le décrire, montrer sa beauté et sa laideur.
Le dernier salto est un récit ponctué d’élévations et de chutes où, le saut, qui se veut initialement expérience corporelle, devient sublimation spirituelle. »

* Il ne réussit cet ultime saut qu’à la fin de son existence. Pourquoi ?

Parce que la vie est une succession de tentatives, une quête permanente… et peut-être ce cheminement est plus important que le fait d’atteindre immédiatement son objectif. C’est pour cette raison que le roman place la réalisation du salto à la fin de l’existence du protagoniste (Et encore !). Ceci a permis de revenir sur les péripéties qui ont marqué cette existence et qui s’avèrent autant de sauts périlleux aussi importants les uns que les autres.

*Pouvez-vous nous parler des personnages du roman, ainsi que les rapports qu’ils entretiennent avec le protagoniste Mohammed ?

Le protagoniste Mohammed est le citoyen lambda qui mène une existence ordinaire au cours de laquelle il tentera de vivre, voire survivre, et profiter des choses simples de la vie. C’est aussi un rêveur qui endossera d’autres identités pour donner plus d’ampleur à son quotidien. Sur son parcours le récit évoque plusieurs autres personnages qui pourraient constituer d’autres facettes de Mohammed.

* Voulez-vous nous parler de la structure générale du roman ?

D’une part, le roman se met en place comme une sorte de mosaïque avec différents fragments qui donnent parfois l’impression de ne pas être liés les aux autres. En réalité, le récit est traversé par un fil rouge qui relie toutes les composantes pour donner naissance à une fresque assez particulière. D’autre part, une structure « saltoïque » (en référence au salto) traverse le roman et elle est constituée des trois mouvements du saut périlleux : montée – rotation – réception.

* Si le protagoniste arrive à réaliser son dernier salto, le roman comme genre littéraire a-t-il réussi à réaliser ce dernier salto à savoir montée-rotation- réception ?

C’est du moins ce que j’ai tenté de faire. Ensuite, ce sera aux lecteurs de répondre. Mon objectif n’est pas de décrire le réel mais de réaliser une œuvre d’art, une œuvre littéraire qui a des qualités esthétiques indépendamment des références faites au quotidien. Nous laisserons aussi au Temps l’occasion de dire son mot sur la réussite ou pas du livre.

* Avec « Le Dernier Salto », peut-on parler d’une nouvelle structure du roman ?

Ce n’est pas exactement une forme tout à fait nouvelle parce qu’on ne réinvente pas la roue mais c’est une tentative d’innover. J’ai volontairement écarté le récit linéaire et j’ai laissé la place à l’association des idées et des résonnances. Ce roman accorde une large place à la musicalité et se veut comme une symphonie aux notes variables. C’est ce qui m’intéresse dans le roman : c’est tout un monde !



Abdellah Baïda est écrivain, chercheur en littérature et critique littéraire. Il enseigne la littérature de langue française à l'université Mohamed V de Rabat.
Il a publié divers travaux dont Les Voix de Khaïr-Eddine (éd. Bouregreg, 2007) et Au fil des livres, chronqies de littérature marocaine de langue française (éd. La Croisée des chemins & Séguier, 2011). Il a dirigé l'ouvrage Mohamed Leftah ou le bonheur des mots (éd. Tarik, 2009).
Il a coordonné plusieurs ouvrage relatifs aux questions liées à la francophonie et à la littérature dont :
- Francophonie, Enseignement et culture, Ed. Bouregreg, Rabat, 2006, 176p.
- Langue française et contacts langagiers, Ed. Bouregreg, Rabat, 2007, 181p.
- Moments de littérature maghrébine, Ed. Bouregreg, Rabat, 2009, 176p.

Comme il a publié plusieurs nouvelles dans des collectifs et des revues.
En 2012, Abdellah Baïda s’est vu décoré des insignes de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres après avoir été décoré en 2007 des Palmes Académiques.
Au début de l’année 2014, il publie aux éditions Marsam (Rabat) son roman Le Dernier salto nominé pour Le Prix Grand Atlas.
 

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