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Farid Zerrouq - publié le Mercredi 9 Juillet à 19:03

A propos du solaire thermique au Maroc




Le Maroc importe, actuellement, la majeure partie de ses besoins énergétiques, plus de 90%. Cela le met dans une situation de dépendance vis-à-vis de l’extérieur et des prix de l’énergie sur les marchés …



La facture énergétique augmente de manière régulière, et constitue la principale composante des dépenses de l’Etat, ces dernières années. La demande sans cesse croissante et la compensation des prix à la pompe par l’Etat marocain, constituent un fardeau qui devient de plus en plus insupportable pour l’économie nationale. Voilà pourquoi, le pays s’est engagé dans une recomposition de son mix énergétique, dans le but de réduire ses dépenses dans ce domaine, et de renforcer son indépendance énergétique.

Le Maroc intensifie ses activités de prospection pour le gaz et le pétrole, et l’engouement constaté ces dernières années s’explique en partie par les mesures incitatives, et surtout par les études préliminaires sur le terrain, très prometteuses, mais jusqu’à présent, rien de concret.

Notre pays possède les sixièmes réserves mondiales de schistes bitumineux. Les réserves prouvées sont de l’ordre de 5 milliards Tep. Mais cette ressources peine à devenir compétitive, à cause du bilan énergétique mitigé lors de son exploitation, et de l’impact environnemental défavorable.

C’est donc les énergies renouvelables : le solaire, l’éolien et l’hydraulique, qui ont la côte auprès des décideurs et des acteurs du secteur de l’énergie. Le potentiel techniques de ces filières est colossal : rien que pour le solaire, le Maroc reçoit du ciel, de quoi subvenir à tous ses besoins énergétiques des centaines de fois. Mais comment capter, apprivoiser et stocker toute cette énergie ?

Le Plan Solaire Marocain prévoit la construction d'une capacité de production électrique, utilisant l'énergie solaire thermique, de 2GW. Mais voilà que des séminaires sont organisés, des articles publiés, et des voix qui s’élèvent un peu partout, à tort ou à raison, pour dire, en gros, que notre pays, fait fausse route, concernant sa stratégie solaire.

On ne peut pas nier que le solaire thermique, pose un certain nombre de problèmes dont, le coût élevé de l’investissement initial, qui se répercute sur le prix de vente de cette énergie, et la difficulté de stocker l’excédent d’énergie, lors des pics de production.

Mais en plus des multiples solutions qui peuvent atténuer l’effet de ces faiblesses, le choix de cette filière, ne doit plus faire l’ombre d’un doute dans la tête de tous les marocains, c’est la voie la plus logique et la plus durable, parmi toutes les possibilités qui s’offrent à nous. Non seulement, nous ne devons pas délaisser cette voie royale, pour disposer de toute l’énergie dont nous avons besoin pour répondre à la demande du niveau de développement auquel nous aspirons, mais nous devons, en plus, renforcer le choix de cette filière par des objectifs plus ambitieux, à moyen et long terme : 15, 20GW, voire plus, au lieu des 2 GW programmés actuellement.

Pour cela, il faudra imaginer de nouvelles formes de financement, telles que l’ouverture du capital du projet aux citoyens, qui, en contrepartie, obtiendraient pendant un nombre d’années déterminé, de l’énergie électrique, qu’ils peuvent utiliser ou revendre à l’Etat, à des prix fixés à l’avance. Une autre partie devrait provenir d’un fond spécial pour la mise en place de la filière solaire dans notre pays, alimenté par une taxe spéciale, les subventions et aides des pays amis, les privatisations, et une partie des revenus des hydrocarbures qui seraient découverts prochainement.

A côté de cela, il faudra des mesures techniques d’accompagnement, telles que, la mise en place de systèmes de stockage hydrauliques gravitaires et/ou des centrales thermiques à hydrogène, pour emmagasiner l’énergie en cours de journée afin de la réutiliser la nuit. L’adoption de tarifs réduits pendant la journée, pour inciter les entreprises, et les collectivités à se doter de leurs propres systèmes de stockage d’énergie. Le développement de la recherche scientifique dans le domaine de l’énergie solaire, et l’encouragement des investissements dans ce secteur d’activité.

Le Maroc pourrait y gagner son indépendance énergétique, une plus grande compétitivité de son économie à l’international, et une attractivité accrue vis-à-vis des investisseurs étrangers. Il pourrait, en plus, exporter son savoir-faire dans ce domaine, à tous les pays du Sahel, et au-delà. C’est des centaines de milliards de dollars qui sont en jeu, en plus de la consolidation des relations avec ces pays.

En plus de cette filière stratégique, pour la constitution de son bouquet énergétique, le Maroc doit rester ouvert à toutes les possibilités, afin de sécuriser l’approvisionnement du pays en sources d’énergies, mais les choix extrêmes, tels que la filière nucléaire, le bois combustible et les biocarburants, ne sont pas d’actualité, pour l’instant. Espérons que nous n’aurons jamais besoin d’y recourir, à cause des risques et de l’impact environnemental liés à ces sources d’énergie.

Prof. Farid ZERROUQ
Président du GRDD



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