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Khalid Tazi - publié le Jeudi 14 Novembre à 20:53

A la recherche du dialecte de mes ancêtres et de celui de mes enfants




L’illogisme de celui qui dit que le dialecte marocain va bien n’a d’égal que la mauvaise foi.



Une âme archangélique et une intelligence aiguë doivent rester en mouvement continu pour sauvegarder notre « patrimoine-dialecte » : cette bâtisse fragile.
En fait, une kyrielle de reproches peut-être émise à l’endroit de notre « cher » dialecte marocain que nous aimons jalousement.

La première question et la plus importante qui nous vient tout de suite à l’idée, lorsque nous écoutons parler nos concitoyens des différentes souches de notre société est la suivante : le dialecte marocain est-il entrain de subir la caducité des anciennes réformes de nos institutions ?

Les poètes et les gens de Lettres d’antan et même actuels se font encore, me semble-t-il, trucider sur notre sol ; quoiqu’ils n’aient jamais été des bellicistes. Pourtant, nos compatriotes ont bel et bien perdu la truculence du langage dont nous disposions ; un langage quotidien devenu récusable et truffé de laideur, qui nous donne de plus en plus une fièvre récurrente phénoménale, à nous qui accordons tant d’importance aux mots et à ce à quoi ils renvoient.

Ce n’est pas tant la vastitude de la langue –orale- arabe que sa restriction dans le parler quotidien qui rend notre dialecte vasouillard. En effet, c’est notre paresse de la langue (faut signaler que nous ne surveillons pas assez les formulations (manière/qualité) que nous communiquons, et c’est ce qui empêche justement, si je puis dire, d’aimanter nos jeunes générations et les populations illettrées, pour qu’elles soient motivées et pour œuvrer davantage en matière d’amélioration linguistique au niveau des différentes couches de notre société. L’impact (positif) de l’école semble ici inexistant.

L’esprit du dialecte, c’est notamment de conserver son essence, tout en y introduisant –autant que faire se peut- de nouvelles expressions tirées des littératures modernes ou des emprunts linguistiques, et ne doit être ni despotique, ni archaïque.

Si nous sommes là en tant que poètes, par exemple, pour « manifester les arcanes du monde », comme dirait Caillois, ce n’est pas pour transformer notre dialecte par cémentation, mais pour lui assurer une évolution adéquate, naturelle et intelligente, à travers une bonne éducation des citoyens que nous nous devons de préparer.

Toutefois, nous ne pouvons guère accueillir avec équanimité sa dégradation (comme il est le cas, de manière abrupte et inexpliquée), telle que nous la constatons présentement.

Bref, notre dialecte (subissant les contrecoups d’une politique donnée) est affecté de paganisme, certes ; puisque chaque région du Maroc a son accent, ses expressions, ses intonations, ses propres tournures de phrases. En un mot, on ne peut guère se prêter au jeu de pactiser avec l’un d’entre eux (Les dialectes) seulement. C’est donc à y réfléchir sérieusement.

Pour rester sur un ton critique, je dirais que notre dialecte n’est pas atteint de védisme mais de kwashiorkor (syndrome de dénutrition infantile, en ghanéen), et n’a pas encore besoin non plus de trumeaux gothiques sculptés pour bien se soutenir et être esthétique.

Khalid TAZI
Université de Sherbrooke


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