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MAP - publié le Mercredi 24 Juin à 01:25

A l'ONU, le Maroc anime le débat sur la corruption et les droits de l’Homme



Genève - Le siège genevois de l'ONU a été marqué, mardi, par un débat sur "la corruption et les droits de l'Homme" en milieu carcéral organisée à l'initiative de la Mission permanente du Maroc à Genève.



Cet évènement s'est tenu en marge de la 29ème session du Conseil des droits de l'Homme (CDH) en collaboration avec la Mission permanente d'Autriche et les ONG Transparency international et Penal Reform international.

Les échanges ont été rehaussés par les contributions d'experts internationaux en la matière, soucieux de mieux cerner l'impact négatif de la corruption sur la jouissance des droits de l'Homme, notamment en milieu carcéral et parmi les groupes vulnérables.

Sous cet angle, l'ambassadeur représentant permanent du Royaume à Genève, Mohamed Aujjar, a souligné l'engagement du Maroc au sein du CDH en faveur de la lutte contre la corruption, rappelant qu'il avait lancé en 2012 une réflexion sur l'impact négatif de la corruption sur les droits humains.

Ce processus a permis l'adoption d'une déclaration sur cette question, soutenue par 134 Etats, a-t-il précisé, notant que la réflexion a culminé en mars 2015 lorsque le comité consultatif du CDH a soumis son rapport final à ce sujet.

M. Aujjar a également relevé que la corruption, phénomène insidieux, affecte la jouissance des droits civils et politiques et les droits sociaux, économiques et culturels.

Il a, par ailleurs, rappelé que le Maroc a initié un ambitieux chantier de réforme judiciaire fondé sur la modernisation des tribunaux, la mise en place d'un système d'aide judiciaire au profit des justiciables démunis, la simplification des audiences et des procédures.

Le Royaume, a-t-il poursuivi, a initié un processus de réflexion tripartite qui associe la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion, le Conseil national des droits de l'Homme et l'Observatoire national des prisons afin d'examiner les mesures susceptibles d'être prises pour lutter contre la surpopulation carcérale. Il s'agit entre autres de réviser les conditions de détention individuelle de longue durée et de favoriser le recours aux peines alternatives.

La rapporteuse du comité consultatif du CDH, Katharina Pabel, a de son côté jugé difficile de trouver un droit de l'Homme qui ne pourrait pas être violé par la corruption, considérée comme un facteur d'aggravation des violations des droits humains.

Mme Pabel a mis l'accent sur les conclusions du rapport du comité consultatif consacré à l'impact de la corruption sur la jouissance des droits de l'Homme, affirmant que le document analyse les incidences de ce phénomène sur les groupes vulnérables (détenus, enfants, femmes, migrants).

"Les Etats doivent assumer leurs responsabilités en réagissant face à tout cas de corruption et en promulguant des lois pour prévenir ce fléau et promouvoir la transparence", a recommandé l'experte.

Pour Milos Jankovic, membre du sous-Comité de l'ONU pour la prévention de la torture, la corruption favorise souvent la violation des droits des groupes en situation de vulnérabilité comme les femmes et les enfants, mais aussi les détenus et les personnes porteuses de VIH.

"Il y a une corrélation forte entre la prévention de torture et la lutte contre la corruption", a-t-il fait observer, notant que "les prisons où la corruption fait rage sont des lieux au sein desquels les prisonniers sont exposés aux mauvais traitements". De l'avis de M. Jankovic, il est nécessaire de sensibiliser et impliquer au mieux la société civile mettre en œuvre toutes les garanties nécessaires à la lumière du droit international.

Il serait tout aussi important de reconnaitre le statut de défenseur des droits de l'Homme à tous ceux qui exercent dans le cadre du mouvement mondial de lutte contre la corruption, a estimé pour sa part Gareth Sweeney, membre de Transparency international.

Il a rappelé que depuis sa création, cette ONG a centré son combat plutôt sur le développement économique et social, appelant à un soutien accru des Etats aux efforts de lutte contre les incidences de la corruption sur les droits de l'Homme.

Cette réunion de débat s'est déroulée en présence notamment de l'ambassadeur représentant de l'Autriche auprès de l'ONU, Thomas Hajnoczi, de plusieurs experts et défenseurs des droits de l'Homme marocains et étrangers.

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