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50 ans d'unité africaine marquée de profondes divisions


AFP - Jenny VAUGHAN - publié le Jeudi 23 Mai 2013 à 09:06


Addis Abeba - Le 25 mai 1963, 32 chefs d'Etats africains créaient l'Organisation de l'Unité africaine (OUA), autour de l'idéal du panafricanisme. Cinquante ans plus tard, les 54 Etats membres de l'Union africaine qui a succédé à une OUA décriée, peinent toujours à faire de l'Afrique un continent uni.



50 ans d'unité africaine marquée de profondes divisions
L'OUA ayant fait de la non-ingérence un principe fondateur, elle est souvent apparue comme un organe sans réel pouvoir, un club de chefs d'Etats, voire d'autocrates, se rengorgeant de grands principes que nombre d'entre eux se gardaient bien d'appliquer chez eux.

Pour faire oublier ce passé peu glorieux, l'UA, qui lui a succédé en 2002, s'est dotée d'institutions (Commission, Conseil de Paix et de sécurité, Parlement panafricain...) et de mécanismes plus ambitieux, consacrant notamment un droit d'ingérence.

Je travaille avec l'OUA/UA depuis 1996 et je peux attester des progrès, surtout en terme de paix et de sécurité, ainsi qu'en ce qui concerne la gouvernance, assure Jakkie Cilliers, directeur de l'Institut des Etudes de sécurité (ISS), basé en Afrique du Sud.

Contrastant avec l'apathie de son ancêtre, l'UA a suspendu et sanctionné depuis sa création plusieurs de ses membres, théâtres de coups d'Etat.

Entre 2003 et 2012 (...) l'UA a suspendu huit de ses membres, rappelait récemment Alex Vines, directeur Afrique du centre de recherche Chatham House, dans un rapport sur Une décennie d'architecture de paix et de sécurité en Afrique.

Cela illustre l'action plus large revendiquée par l'UA par rapport à l'OUA et sa volonté de s'opposer aux changements inconstitutionnels de gouvernement via des sanctions, ajoutait le chercheur.

La fermeté en matière de coups d'Etat contraste néanmoins avec la timidité de l'UA vis-à-vis d'Etats aux bilans démocratiques médiocres ou dont la validité des scrutins est fortement contestée.

Parallèlement, le nombre de guerres a baissé, passant, selon Alex Vines, de 12 en 2002, lors de la création de l'UA, à quatre en 2012, mais le nombre de crises locales a augmenté.

Certes, le succès de la force de l'UA (Amisom) déployée depuis 2007 en Somalie face aux islamistes shebab est réel, mais celle-ci reste pour l'essentiel financée par les Etats occidentaux, rappellent les critiques.

Au delà des problèmes financiers, ce succès ne peut cacher que l'action de l'organisation panafricaine est surtout entravée par les profondes divisions en son sein. En 2011, dissensions et tergiversations avaient contraint l'UA - déjà atone durant le printemps arabe - à assister sur la touche aux interventions étrangères en Côte d'Ivoire puis en Libye.

Plus récemment, au Mali, c'est l'armée française qui est intervenue pour combattre des groupes djihadistes, face à la lenteur extrême de l'UA à déployer une force panafricaine, qui n'a participé à aucun combat et doit d'ores et déjà être remplacée par une force de l'ONU.

C'est irréaliste de vouloir que les pays africains parlent d'une voix sur tous les sujets, c'est impossible, regardez l'Union européenne, tempère Paul-Simon Handy, chercheur de l'ISS, on attend de l'UA que ses 54 pays s'accordent sur tout mais cela n'arrivera jamais.

Il y a des divisions, des incompréhensions, des vues différentes sur certains sujets, mais je ne pense pas qu'elles soient fondamentales, estime-t-il.

L'UA a néanmoins fait étalage de rivalités profondes à l'occasion de l'élection à la présidence de sa Commission, en janvier puis juillet 2012, finalement remportée par la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma.

Malgré les progrès, les intégrations politique et économique du continent restent dans ce contexte pour l'heure des voeux pieux. L'expérience malienne a porté un coup aux espoirs de force africaine de réaction rapide. Et la monnaie unique africaine reste un projet à très long terme.

L'intégration politique et économique africaine prendra probablement des décennies (...) bien que l'intégration économique soit cruciale pour l'avenir (de l'Afrique), ce sera un processus lent, admet  Cilliers.

D'autant que l'UA ne représente rien pour l'Africain moyen (...) Elle reste une organisation lointaine où les dirigeants se rencontrent et expriment leur solidarité et leur sympathie les uns envers les autres, note-t-il.

Samedi, les célébrations du cinquantenaire de l'unité africaine réuniront, outre les chefs d'Etat du continent, le président français François Hollande, le vice-Premier ministre chinois Wang Yang et le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Elles seront suivies d'un sommet dimanche et lundi, avec au menu la situation sécuritaire au Mali ou dans l'est de la République démocratique du Congo où sévit une rébellion, mais aussi à Madagascar, empêtré dans une crise politique depuis 2009 et exclu depuis de l'organisation.

Les festivités terminées, il sera surtout question de l'avenir et ils devraient discuter des projets de l'UA sur les 50 prochaines années. Cela nous donnera une feuille de route claire sur la direction souhaitée, a expliqué Mme Dlamini-Zuma.



           


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