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MAP - publié le Samedi 14 Juin à 11:24

17-ème Festival Gnaoua : Des airs africains retentissent entre les murailles d'Essaouira



Essaouira - La culture malienne a été à l'honneur, vendredi, lors de la deuxième soirée de la 17è édition du Festival Gnaoua, organisée du 12 au 15 juin à Essaouira, à travers la prestation de Bassekou Kouyaté et la formation Ngoni ba.



Au Festival Gnaoua d'Essaouira Ph. Lemag.ma
Au Festival Gnaoua d'Essaouira Ph. Lemag.ma
A travers des airs africains qui ont retenti entre les murailles qui entourent l'emblématique place Moulay El Hassan, Kouyaté a emmené le public dans un voyage dans le temps, à une époque où les liens commerciaux et intellectuels entre l'Afrique profonde et Essaouira avaient atteint leur apogée, à tel point que cette ville portait le nom de "port de Tombouctou".

Mais loin d'être une simple abstraction de l'histoire, ce lien culturel était clairement perceptible sur la scène, même pour les profanes de l'histoire, à travers les instruments utilisés par les membres du groupe, à savoir le ngoni qui présente une ressemblance frappante avec le hajhouj des gnaoua, au niveau de la forme et du matériel de fabrication, avec, toutefois, une différence dans les dimensions et la résonnance.

A travers ce concert, le public du festival a découvert de très près Bassékou Kouyaté, un virtuose du ngoni, héritier de la plus pure tradition griotique mandingue et un fabuleux show man qui, depuis 2007, date de sortie de "Segu Blues", son premier album solo, il enflamme les scènes des plus grands festivals.

Tout en respectant la musique de la région de Ségou, cet artiste a su l'adapter à un public international sans en corrompre l'essence et tout en gardant uniquement les instruments traditionnels (ngonis, calebasses). Il fait également de son art une affaire de famille, dans la mesure où son épouse Amy Sacko chante dans le groupe, alors que ses deux fils jouent aux petits et grands ngonis.

Autre moment fort de cette soirée, la prestation en commun de mâalem Mohamed Kouyou et Mario Canonge, qui ont produit une agréable fusion où piano, guitare et batterie bref, de la musique moderne- sont entrés en harmonie avec les rythmes traditionnels gnaouis, dans un spectacle rehaussé par les chorégraphies époustouflantes exécutées par les disciples de mâalem Kouyou.

Ainsi, après l'expérience faite avec des instruments de corde lors de la résidence de mâalem Hassan Boussou, le violoniste français Didier Lockwood et le joueur de rebab gadiri Foulane, en ouverture de cette édition, la prestation de ce soir vient démontrer encore une fois que la musique gnaouie est un art universel accessible à tout public, abstraction faite de l'appartenance culturelle.

Né en 1957, mâalem Mohamed Kouyou s'est initié à l'art gnaoui grâce à sa mère. Après son décès, c'est le mâalem Moulay Hassan qui prend en charge son éducation. Doué et passionné, il accède au titre de mâalem en 1980 à Marrakech. Il crée son propre groupe et se produit partout au Maroc et à l'étranger, notamment pendant un an aux Etats-Unis. mâalem Mohamed Kouyou a brillé lors de sa prestation improvisée en 2008 aux côtés de la légende vivante du jazz américain Wayne Shorter. Performance renouvelée en 2009 lors de la 12ème édition du Festival Gnaoua et musiques du monde, durant la résidence d'artistes avec le groupe de la Nouvelle Orléans, Donald Harrison et Congo Nation.

Mario Canonge est né en Martinique (à Fort de France). Dans les années 80, il co-fonde un groupe de jazz mythique : Ultramarine. Avec N'Guyen Lê, Bago Balthazar (les deux autres co-fondateurs), Mokhtar Samba et Etienne M'Bappé, ils vont écrire des pages historiques de la fusion entre jazz et musique afro-caribéenne. Après une incursion vers les musiques de ses racines (zouk, mazurkas, biguine), Mario Canonge est revenu, depuis quelques années, vers un jazz plus pur.

Le public a également eu droit à des prestations, sur la scène Moulay El Hassan, de mâalem Reda Stitou, gnaoui tangérois installé à Bruxelles, alors que sur la scène de la plage, les festivaliers étaient au rendez-vous avec Kif Samba, un groupe composé de musiciens de différentes formations musicales d'Essaouira (Ganga Fusion, Blue Mogador, Radio Essaouira), Meta and the Cornerstones, un groupe d'origines métissées qui présente une musique de métissage célèbrant la fraternité et mâalem Abdelkebir Merchane, qui a porté l'art gnaoui jusqu'au Japon.

Le programme prévoyait également des lilas de mâalem Abdelaziz Soudani et mâalem Brahim Belkani, à Dar Souiri, de mâalem Nour Eddine Meddoula et mâalem Saîd Boulhimas, à Zaouia Issaoua, alors qu'à Borj Bab Marrakech, une soirée a été animée par Hmadcha et mâalem Hamid El Kasri, avec un hommage posthume au journaliste Et-Tayeb Houdaïfa, qui fait partie des multiples personnes qui ont soutenu le festival dès ses débuts.

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